Victime du devoir est une distinction honorifique française attribuée par décret du
Président de la République, parue au Journal Officiel, à un membre de la
fonction publique ou assimilé, ayant trouvé la mort à la suite d'un
acte de dévouement accompli dans l'exercice de ses fonctions.
C'est
sous la IIIème République, à la Préfecture de police, qu'il a été
décidé de distinguer, d'honorer les agents morts en service, pour
saluer la bravoure de ceux qui en avaient fait preuve, en leur
conférant la qualité de victime du devoir. Cependant,
tous les policiers tués en service n'ont pas systématiquement obtenu
cette qualité. Il convient d'apporter quelques précisions ci-dessous. Les
règles d'attribution de cette distinction apparaissent complexes à la
simple lecture de sa définition, à savoir des interprétations variables
données aux notions d'acte de dévouement, de devoir ou à l'expression "dans l'exercice de ses fonctions".
Quid d'un policier tué, renversé accidentellement par un véhicule,
alors qu'il se trouve en faction devant un bâtiment officiel (ex. Greze,
1988), d'un policier tué dans un acte de courage manifeste, mais en
dehors de ses heures de service (ex. Nicotra, 2003) ? Ce mémorial recense les policiers morts en service au sens de l'article 27-20 du réglement intérieur de la Police Nationale ci-contre. De nos jours, il existe bien des stèles en l'honneur des policiers tombés en service et les différentes associations et comités locaux perpétuent leur mémoire de façon remarquable. Mais aux prémices du 21ème siècle, il n'existe aucune plateforme commune à tous ; à l'instar d'autres pays qui réalisent depuis des décennies des enquêtes pour se souvenir, et produisent également des analyses publiques afin d'adapter les formations initiales et continues des recrues, pour mieux appréhender les situations à risques. Pendant une dizaine d'années, Stéphane Lemercier, officier de police en fonction dans l'Hérault, a été l'initiateur d'un travail colossal de recherches sur les victimes du devoir dans la Police Nationale. Il a mené à titre personnel des recherches sur les policiers français tués en service sur près de deux siècles et a produit un livre très fourni sur le sujet. En l'an 2000, il a créé un site, aujourd'hui fermé, qui leur rendait hommage. Depuis 2012, j'ai décidé de poursuivre sa démarche en créant ce mémorial, en apportant de nouveaux noms, en recoupant le maximum d'informations sous forme de récits neutres et circonstanciés. Et depuis 2018, le projet est salué et soutenu par une association caritative centenaire : Police - Action Solidaire, le département de solidarité mis en place par l'Union des Anciens Combattants de la Police et des Professionnels de la Sécurité Intérieure (voir mention marginale). Avant l'existence de ce mémorial numérique, s'agissant de décès de policiers résultant d'actes de banditisme, trouver des informations publiques sur ces victimes était un exercice difficile sans d'abord rechercher des articles sur les meurtriers. Un exercice douloureux pour les familles endeuillées ! Le temps les a parfois oubliés, mais chacun de ces policiers avait un visage, une famille et une histoire personnelle. Malgré tous les maux que peuvent produire la société et la pratique d'un métier hors norme, tous avaient la même aspiration lorsqu'ils ont vécu leurs derniers instants : celui de servir et d'aider leur prochain. Ils n'ont pas reculé. Comme vous, policiers, ils ont vécu des situations périlleuses, et se sont sans doute demandés s'ils vivraient la minute d'après. Ils ont pris leur service, ri autour d'un café, sans vraiment imaginer qu'un évènement, une décision à l'instant T, ou la place qu'ils ont choisi dans le véhicule d'intervention allait changer le cours de leur existence. Se souvenir est un devoir. Lisez ces récits, partagez-les. "Sergent de ville" fondateur du mémorial Administrateur de l'association "Police - Action Solidaire" Membre de la Société Lyonnaise d'Histoire de la Police |
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