Guy ANDRE

1970 - Le sous-brigadier Guy André est abattu de manière préméditée par un malfaiteur désireux de se venger d'une arrestation. Il était marié et père de quatre enfants.

Page réalisée avec l'aimable autorisation de sa famille.
Dimanche 19 Avril 1970. Un gardien de la paix du corps urbain de la Roche-sur-Yon (Vendée) est de faction devant les nouveaux locaux de la Préfecture.

A 21h50, un coup de feu retentit. Atteint d'une balle qui le blesse très grièvement à l'abdomen, le sous-brigadier Guy André succombe le lendemain à 02h50 au centre hospitalier de Nantes. Sur la scène de crime, les enquêteurs retrouvent une douille dans une haie vive d'un jardin public faisant face à la Préfecture et s'orientent sur la piste d'un règlement de compte.

Cependant, le mardi suivant, une femme se présente au commissariat pour signaler que son frère ne donne aucun signe de vie à son domicile, lequel est fermé à clefs et inaccessible. Rendus sur place, les policiers aperçoivent depuis une fenêtre un corps inanimé dans la pièce principale. Bernard Villay s'est suicidé au moyen d'une carabine 22 long rifle d'une balle dans le coeur et laissait une lettre expliquant être l'auteur du coup de feu mortel devant la Préfecture.

Connu très défavorablement des services de police, Villay s'estimait persécuté dès lors qu'un délit était commis en ville. Il en gardait de ses dires une rancune tenace contre la police jusqu'à ce qu'il décide de commettre le meurtre du sous-brigadier André, choisi au hasard. Le rapport balistique établit alors avec certitude le lien entre la carabine et le projectile ayant tué le policier.

Natif de Saint-Hilaire-de-Talmont (Vendée), le sous-brigadier Guy André était âgé de quarante-six ans, et vivait avec son épouse et ses quatre enfants à Mouilleron-le-Captif. Il aura dédié sa vie au service de la société française, avec notamment un parcours militaire exemplaire.

Il n'a que dix-sept ans lorsqu'il rejoint les premières divisions de la France libre en 1942 ; formé à l'école du parachutisme, il participe aux difficiles campagnes de Libye, de Tunisie, de l'Italie. Il effectue le débarquement de Provence et contribue à la libération de la vallée du Rhône et du bassin alsacien. Blessé au combat, il obtient la Croix de guerre avec palmes et la médaille militaire. Il fait par ailleurs la connaissance de la compagne de sa vie à l'hôpital militaire, laquelle apportait réconfort aux blessés.

Démobilisé en 1945, il sert dès 1954 aux Compagnies Républicaines de Sécurité N°102 au Mans, à la CRS N°42 à Nantes puis au Corps Urbain de Saint-Germain-en-Laye, Nantes et enfin La-Roche-sur-Yon en 1966.

Décrit comme quelqu'un de discipliné, de pondéré, doté de grandes qualités morales, il est nommé brigadier de police à titre posthume et décoré de la médaille d'honneur de la Police Nationale. Il repose désormais à Jard-sur-Mer.




Sources :
Journal Officiel de la République Française du 10/05/1970, "Citation à l'ordre de la nation"
Le Monde, article du 21/04/1970, "Un sous-brigadier de police est tué d'un coup de feu à La Roche sur Yon"

Le Monde, article du 23/04/1970, "Le meurtrier du sous-brigadier André s'est donné la mort le lendemain de son crime"