Daniel CHANTRENS

1971 - Le gardien de la paix stagiaire Daniel Chantrens est tué au cours de l'évasion d'un détenu examiné en milieu libre hospitalier.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Lundi 7 Juin 1971. Un détenu de la maison d'arrêt d'Évreux (Eure) est escorté jusqu'au centre hospitalier de la ville afin de recevoir des soins pour un abcès dentaire. Jean-Claude Boudin, vingt huit ans, vient d'être condamné à deux ans de prison pour proxénétisme et détention d'armes. Également confondu dans une attaque à main armée au Neubourg, il n'a jusque là rien avoué.

Vers 9 heures, son escorte composée de deux policiers arrive dans le hall de l'hôpital. Le gardien de la paix Claude Lescombe, trente-cinq ans, se rend dans un bureau voisin pour y déposer un bon administratif. De son côté, le gardien de la paix stagiaire Daniel Chantrens, vingt-cinq ans, tient menotté le détenu.

Il ignore qu'un complice attend dans le hall depuis une heure. Armé de deux revolvers, il vient de façon soudaine assommer le jeune policier. Puis il brise les menottes du prisonnier à l'aide d'une pince-coupante.

A ce moment, le gardien Lescombe revient dans la pièce. Une fusillade éclate dans les couloirs de l'hôpital. C'est au cours de cette scène, qui s'est déroulée sons les yeux de deux témoins - une femme et sa fillette - que le gardien Chantrens est atteint d'une balle au foie et de deux autres dans la tête. Sur le parking extérieur, les fugitifs trouvent une voiture où attend un autre complice.

Le gardien de la paix Daniel Chantrens décède à 23 heures 30 à l'hôtel-Dieu de Rouen. Cité à l'ordre de la nation, il était sorti le 1er Février 1971 de l'école de police.

Jeudi 10 Juin 1971. Jean-Claude Boudin est arrêté à Lisieux. Jean-Marie Boudin, vingt-cinq ans, frère de l'évadé, est inculpé d'une part de complicité d'évasion et, d'autre part, du meurtre du jeune policier. Albert Grandsire, conducteur de l'automobile à bord de laquelle les deux frères Boudin se sont enfuis après le meurtre est arrêté à son domicile par les gendarmes de Beuzeville.

Jean-Marie Boudin est formellement désigné comme complice par le gardien de la paix Claude Lescombe et par un témoin présent à l'hôpital. Il est condamné à la réclusion criminelle dite "à perpétuité" en 1973 par la cour d'assises de l'Eure. Après deux ans de déni, confronté à l'idée d'une possible peine capitale, il finissait par avouer lors du procès sa culpabilité.

En 1991, vingt ans après son crime, il bénéficie d'une libération anticipée. Commence alors une nouvelle carrière criminelle de nature sexuelle pour ce triste individu. Il retourne en prison après avoir été inculpé de plusieurs agressions sexuelles sur de très jeunes femmes qu'ils droguaient pour abuser d'elles plus facilement. Envers et contre tout, il est de nouveau libéré en 2001.

En 2006, Boudin est arrêté en pleine récidive de viol ; il venait de tuer sa dernière victime, une jeune femme de dix-huit ans, après lui avoir injecté une dose mortelle de drogue.

En 2013, le procès de ce prédateur meurtrier s'ouvre aux assises de Seine-Maritime avec 24 chefs d'accusation : huit récidives de viol dont une sur personne vulnérable et une autre sur mineur de 15 ans ; sept agressions sexuelles dont deux sur mineur de 15 ans ; deux faits de violences dont un avec arme, deux provocations de mineur à l’usage illicite de stupéfiants. S’ajoute à cela une mise en examen pour corruption de mineur de 15 ans, une pour subornation de témoins et une pour homicide involontaire.

6 Novembre 2013. Jean-Marie Boudin est condamné pour la seconde fois à la réclusion criminelle à perpétuité,  42 ans après son premier crime qui lui avait valu la même peine...

Sources:
Journal Officiel de la République française du 08/06/1971, page 5791, "citation à l'ordre de la Nation"
Le Monde, article du 09/06/1971, "Un gardien de la paix est mortellement blessé lors de l'évasion d'un détenu"
Le Monde, article du 11/06/1971, "Un repris de justice qui s'était évadé est retrouvé"
Le Monde, article du 14/06/1971, "Des syndicats de policiers ont marqué leur solidarité avec le commissariat d’Évreux"

Liens similaires