Albert LE CANN

Crédit photo : Albert Le Cann (fils) avec son aimable autorisation (tous droits réservés)
1973 - Le gardien de la paix Albert Le Cann est abattu au terme d'un hold up par deux malfraiteurs en liberté conditionnelle.

Fort de cinq années de service dans la police parisienne, il obtenait une affectation à sa demande à Brest depuis le 1er Juin 1972.

La médaille d'or des actes de courage et de dévouement et la médaille d'honneur de la police lui sont décernées. Il est nommé briigadier de police à titre posthume.

La rue de la Montagne où a eu lieu le drame est rebaptisée au nom de ce jeune policier.
Vendredi 17 Août 1973. Il est dix heures du matin lorsque deux individus armés pénètrent dans une agence du Crédit Industriel de l'Ouest, située près de la Place de Strasbourg, commune de Brest (Finistère). Ils dérobent environ 54.700 francs et prennent la fuite à pieds jusqu'à la route de Quimper où se trouve stationné leur véhicule relais : un Simca volée la veille. L'histoire aurait pu s'arrêter ici, mais la voiture refuse catégoriquement de démarrer. Suivis par des témoins, les malfaiteurs improvisent et s'y prennent très mal.

Ils se dirigent vers la commune limitrophe de Saint-Marc et se terrent dans des buissons, rue de la Ville-d'Ys. Une patrouille de trois policiers alertés par des riverains s'y rendent à pieds ; une intense fusillade éclate alors que l'un d'eux les débusque.

Le gardien de la paix Albert Le Cann vient de tenter de ceinturer l'un des malfrats, mais ce dernier n'a aucun scrupule à l'abattre avec son arme de poing. Ce policier Hanvécois n'était âgé que de trente-deux ans et attendait la venue au monde d'un fils. L'un des malfrats est sérieusement blessé à la poitrine mais tous deux parviennent à prendre la fuite de nouveau.

A l'entrée de la rue de la Montagne et du Guelmeur, ils entrent de force dans une maison habitée par un couple de septuagénaires, la famille Le Moigne. Seule l'épouse, Marguerite, se trouve au foyer ; elle est immédiatement prise en otage alors que celle-ci est malade du cœur. La Police et la Gendarmerie cernent les lieux.

Le retentissement médiatique de ce drame est immédiat. Une centaine de badauds et de journalistes se pressent sur les lieux pour saisir l'évènement sur le vif. Tout le monde s'attend à ce qu'un assaut soit mené dans la vieille bâtisse. Mais cet agglutinement autour du dispositif policier ne fait que compliquer la tâche. La Brigade de Recherche et d'Intervention de la Préfecture de police est envoyée sur place, avec à sa tête, le Commissaire Robert Broussard ; dont le nom n'est pas encore connu du grand public. L'unité est dépêchée depuis Paris par avion.

L'Antigang obtient un renseignement capital vers 17h : deux épouses en vacances dans la région ont signalé la disparition inquiétante de leurs maris, alors partis cherchés des langoustes tôt dans la matinée. Les signalements correspondent à ceux des braqueurs. Ces deux hommes âgés de trente-cinq ans ont des casiers judiciaires chargés et se sont d'ailleurs connus à la prison de Muret. Il s'agit de François Phily, natif de Saint-Pol-de-Léon, et de Paul Ciaramitaro, sicilien d'origine tunisienne.

Le Commissaire Broussard n'a aucunement l'intention de laisser ces deux individus dangereux s'évaporer dans la nature. Ces derniers apprennent qu'ils ont été démasqués, et utilisent la vieille dame comme porte parole pendant près de trente-sept heures d'âpres négociations subtilement menées par l'antigang. Le sicilien avoue être l'auteur du tir qui a tué le jeune policier ; il affiche sa volonté de ne pas retourner en prison où il vient de passer onze ans et met fin à ses jours. Son complice, très affaibli par sa blessure, se rend. Marguerite Le Moigne retrouve son époux le 18 Août vers 18h. Son mari, qui a suivi les négociations avec le Commissaire Broussard est resté très coopératif et déterminé.

Sources :
Entretien avec Albert Le Cann (fils)
Archive Le Monde du 21/08/1973
Le Télégramme de Brest du 17 Août 2013 illustré
Ouest-France du 04/09/2013
Le Télégramme de Brest du 04/09/2013

2 commentaires:

  1. Bonjour Albert.

    Presque 45 ans nous séparent mais j'ai une pensée pour toi à chaque fois que je passe dans ou à proximité de la rue qu'on a baptisée de ton patronyme.

    Un jeune collègue Brestois...

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    Réponses
    1. Cela fait plaisir à lire. Merci pour la famille.

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