Gilbert PEYRE

crédit photo : Famille Peyre, tous droits réservés
1975 - Le sous-brigadier de police Gilbert Peyre est abattu par un malfaiteur qu'il transporte pour un interrogatoire à la brigade criminelle de Bordeaux.
Vendredi 16 Mai 1975. Trois policiers de la brigade criminelle de Bordeaux (Gironde) se rendent à Villenave-D'Ornon au domicile d'Alain Thomasson, trente-et-un ans. Bien connu des services de police pour de multiples braquages et vols qualifiés, l'individu alors en liberté conditionnelle est interpellé sans difficultés en compagnie de son neveu, Serge Dejean, vingt-six ans.

Quelques jours plus tôt, un postier bordelais prévenait effectivement la police de la découverte fortuite d'un colis éventré contenant la somme de 17250 francs en liasses de billets. L'enquête établissait aussitôt que ce lot provenait d'une attaque à main armée survenue le 25 Avril à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), et menait logiquement la police judiciaire à l'adresse de l'expéditeur.

Les policiers prennent la direction de leur antenne judiciaire au commissariat de Bordeaux afin de placer les intéressés en garde-à-vue. Ils sont désormais cinq dans une Renault 4L. Lors du transport, Thomasson se montre très prolixe et complaisant ; il parvient à détourner l'attention des policiers et subtilise discrètement une arme à feu qu'il dissimule dans une sacoche en cuir qui n'a pas été vérifiée. Il contraint alors les policiers à remettre leurs armes tandis que la voiture est toujours en marche.

Désarmé, l'inspecteur Pierre Pabot est éjecté du véhicule, suivi par Dejean. Des coups de feu éclatent dans la 4L qui finit par s'immobiliser rue Albert Thomas. L'inspecteur stagiaire Jack Boitaud est grièvement blessé, tandis que le sous-brigadier Gilbert Peyre est atteint mortellement à la tête alors qu'il tente de saisir son arme. Les malfaiteurs parvenaient aussitôt à prendre la fuite. Thomasson disparaît en dérobant la voiture d'un automobiliste après s'être emparé de l'un des pistolets des policiers. Son neveu est interpellé plus tard dans la journée.

Originaire de Talence, Thomasson avait été plusieurs fois arrêté pour agressions à main armée. Condamné en 1964 à dix-sept ans de prison par la cour d'assises de la Gironde, il se trouvait depuis quelques mois en liberté conditionnelle malgré une évasion en 1966.

29 Juillet 1975. Contrôlé sous une fausse identité par la police britannique à Londres, il était de nouveau interpellé dans le cadre d'un mandat d'arrêt international, toujours en possession du pistolet volé à l'un des inspecteurs. Il est extradé vers la France en Mars 1983 au terme d'un procès dans lequel il était également accusé d'avoir tiré sur des policiers anglais. Il écopait dans un premier temps de 10 ans de réclusion criminelle. Pendant toute l'instruction, jusqu'en 1987, Thomasson a nié sa culpabilité. Il n'a pas voulu se prêter à une reconstitution. Il a refusé toute expertise psychiatrique.

28 Février 1989. Alain Thomasson est condamné à la réclusion criminelle dite à perpétuité par la cour d'assises de Gironde. Après un délibéré de seulement deux heures, les jurés ont répondu par l'affirmative à toutes les accusations portées contre le malfaiteur, sans circonstances atténuantes.

23 Février 2003. Alain Thomasson, qui bénéficie d'une semi-liberté probatoire depuis Octobre 2002, ne regagne pas sa maison d'arrêt à Maxeville (Meurthe-et-Moselle). Son corps est retrouvé en Avril 2004 dans un plan d'eau près de Bari (Italie), victime d'une exécution par arme à feu.

Sources :
Avec l'aimable autorisation de Thierry Peyre (fils)
Sud-Ouest, article du 14/11/2006, p.11, "Le souvenir à jamais"
Sud-Ouest, article du 30/04/2004, p.9, "L'ancien ennemi public N°1 retrouvé mort en Italie" 
Archive numérique Le Monde du 02/08/1975, "Le meurtrier d'un policier bordelais arrêté à Londres"
Archive numérique Le Monde du 19/05/1975, "Un malfaiteur tue un policier"
Archive numérique Le Monde du 02/03/1989