Dominique LAROSE

1976 - Le gardien de la paix stagiaire Larose
est abattu par un employé de la surveillance
générale du métropolitain à Paris.

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Contexte : Au milieu des années 70, la sécurité des usagers du métro, dont la responsabilité relève seule de la régie autonome des transports parisiens (RATP), s'est fortement dégradée. Entre avril 1970 et mai 1976, les agressions de voyageurs et d'agents de la RATP ont simplement doublé.

Le phénomène relevé par la presse ne manque pas de créer une psychose au sein de la population parisienne, si bien que la question de céder totalement la sécurité des usagers à la préfecture de police est posée. En octobre 1974, des opérations "police-métro" sont mises en place chaque semaine, à la grande satisfaction des parisiens. Le drame qui suit précipitera la création d'une unité spéciale : le service de protection et de sécurité du métropolitain de la préfecture de police (actuelle brigade des réseaux ferrés).

Dimanche 8 Août 1976. Claude Madigou, trente-huit ans, agent de la surveillance générale de la RATP, prend son service à la station Trocadéro dans le 16ème arrondissement de Paris. Il accuse trois quart d'heure de retard, et pour cause, il est copieusement alcoolisé.

Vers minuit, il décide de contrôler le titre de transport d'un voyageur tunisien qu'il suspecte de fraude. Un différend éclate très vite entre les deux hommes tant et si bien que Madigou finit par exhiber son arme de service, et menace directement le contrevenant - les agents de la surveillance générale opérant de nuit sont assermentés et effectivement armés. Le chef de station qui tente de raisonner son collègue est repoussé dans son bureau et intimé de ne pas en sortir.

Un usager qui pense assister à une agression prévient un gardien de la paix stagiaire en tenue qui vient de terminer un service de garde statique sur l'arrondissement : Dominique Larose. L'un de ses collègues, Henri Latrache, est également présent mais il se trouve sur le quai opposé.

Alors que le gardien de la paix Larose exige de Madigou qu'il lui remette son arme, ce dernier se trouve toujours dans un état d’excitation aberrant. Il finit par saisir violemment à la gorge le contrevenant. Le jeune policier s'interpose mais Madigou le repousse, le désigne avec son arme et fait feu, le tuant net frappé d'une balle tirée en plein coeur. Dans le même temps, le gardien de la paix Latrache qui vient d'assister à la scène applique plusieurs tirs et abat Madigou. L'enquête déterminera que ce dernier, employé depuis onze ans à la RATP, avait 2,4g d'alcool dans le sang.

Le gardien de la paix Dominique Larose n'avait que vingt-six ans et se trouvait encore en formation en Compagnie d'instruction et de garde sur le 16ème arrondissement. Il est élevé à l'échelon le plus haut de son grade à titre posthume, et reçoit la médaille d'honneur de la police nationale, ainsi que la médaille d'or pour acte de courage et de dévouement.

Sources :
Journal télévisé du 08/08/1976
Le Nouvel Obs du 16/08/1976, "Mourir dans le métro" par Katia D. Kaupp
Le Monde du 11/08/1976, "L'agent de sécurité de la RATP était pris de boisson"
Le Monde du 10/08/1976, "Deux personnes sont tuées à la station Trocadéro"
Le Monde du 21/01/1975, "Des képis dans le métro"

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