dimanche 24 avril 1977

Max AMOUROUX

1977 - Le gardien de la paix Max Amouroux est abattu par un individu qu'il venait de surprendre en flagrant délit de cambriolage à Nice.

Page réalisée avec l'aimable autorisation de son épouse Martine.
Dimanche 24 Avril 1977. Deux maraudeurs effectuent des repérages dans une zone pavillonnaire de l'Avenue Étienne-d'Orves à Nice (Alpes-Maritimes) dans le but de commettre un cambriolage. Alors qu'ils tentent de fracturer le store d'une villa, ils sont surpris en flagrant délit par le propriétaire.

Un équipage police-secours composé de quatre gardiens de la paix arrive rapidement sur les lieux et repère les deux suspects. Le premier individu est interpellé sans incident, tandis que le second prend la fuite en courant, suivi de près par le gardien de la paix Max Amouroux.

Ce dernier appréhende le suspect alors qu'il vient de se dissimuler dans des buissons jouxtant le Lycée Honoré d'Etienne-d'Orves. Il tente de l'immobiliser au sol mais le malfaiteur saisit une arme de poing et tire à quatre reprises. Atteint par trois projectiles, Max Amouroux meurt deux jours plus tard après avoir subi deux opérations chirurgicales. Il avait vingt-neuf ans.

L'auteur des coups de feu mortels, Branko Zuzek, dix-huit ans, est interpellé le jour même dans une chambre d'hôtel qu'il louait avec son complice, Drago Koren, vingt ans. L'arme utilisée, un calibre .38 spécial, est retrouvée en sa possession, rechargée et prête à faire de nouveau feu.



L'enquête établit que Branko Zuzek est un ressortissant slovène évadé depuis Avril 1976 d'un institut d'éducation surveillé. Passé par l'Allemagne où vit son demi-frère, Drago Koren, ils effectuent pour leurs comptes plusieurs cambriolages avant de gagner le sud de la France. Moins de quarante huit heures après leur arrivée à Nice, ils convoitaient de nouveaux cambriolages dans des villas plus luxueuses.

Il est avéré que le gardien Amouroux n'a dégainé son arme administrative à aucun moment. les témoignages relevés attestent que les coups de feu ont été tirés en deux temps : un premier tir, puis trois autres. Le Docteur Benzaken, médecin légiste, conclue que ceux-ci ont été déclenchés dans un corps-à-corps alors que le tireur était en "position dominante". Le Professeur Vuillet, expert balistique explique que les balles ont été trafiquées pour causer d'avantage de dégâts.

Samedi 15 Décembre 1979. La cour d'assises des Alpes Maritimes condamnent Branko Zuzek à vingt ans de réclusion criminelle pour homicide volontaire. Bien qu'il encourait la peine de mort, les circonstances imprécises du drame (aucun témoin oculaire) ont semble-t-il conduit à atténuer la sanction. Poursuivi pour le seul vol qualifié, son complice Drago Koren est condamné à cinq ans de prison.

Le gardien de la paix Max Amouroux est cité à l'ordre de la nation et élevé au grade de brigadier de police à titre posthume. La ville de Nice baptise en son nom la petite place faisant face au lycée de l'Avenue Etienne-d'Orves où une plaque commémorative se trouve encore sur le lieu du drame.

Branko Zuzek est libéré dès 1989, soit seulement douze ans après les faits et expulsé sans condition du territoire français vers la Yougoslavie.


Sources :
Journal officiel du 30/04/1977, page 2487, "Citation à l'ordre de la nation"
Le Monde du 17/12/1979, article de Guy Porte, "Un jeune homme de 20 ans jugé pour le meurtre d'un policier"
Le Monde du 18/12/1979, article de Guy Porte, "Le meurtrier d'un policier condamné à 20 ans [...]"

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Merci de laisser votre nom ou un pseudonyme pour faciliter les échanges.