Jacques BOURGOIN

1977 - L'inspecteur de police Jacques Bourgoin est victime d'un "tir ami" au cours d'une opération d'interpellation de cambrioleurs à Fontenay-le-Fleury.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Dans la nuit du jeudi au vendredi 28 Octobre 1977, Gérard Landaes, vingt-huit ans et Roger Bataillet, trente et un ans, s'apprêtent à attaquer le coffre fort de la gare de Fontenay-le-Fleury (Yvelines).

Après avoir accéder aux locaux en brisant une vitre, ils repartent avec un butin dérisoire de 800F. Mais ils ne savent pas qu'ils ont été dénoncés la veille par un indicateur, et qu'une vingtaine de policiers les attendent à la sortie du casse. Ces derniers sont dispersés de part et d'autre de la voie ferrée, mais en plus de l'obscurité, un brouillard très épais minimise sérieusement la visibilité.

Le commissaire Jacques Bolusset, en charge des services de police de Saint-Cyr-L'Ecole supervise directement l'opération. Il est naturellement prévu d'attendre que les voleurs quittent le bureau de chef de gare pour les interpeller avec le butin lorsqu'ils gagneront leur fourgonnette, restée stationnée sur l'Avenue Georges Pompidou.

Le brouillard s'est abattu sur la gare, alors cernée par le dispositif, sans fuite possible. Cependant vers 3h40, le commissaire emprunte avec deux inspecteurs un souterrain du Chemin de la chapelle Saint-Jean (voir plan ci-dessous). Du côté opposé, l'inspecteur stagiaire Jacques Bourgoin perçoit des ombres qui sortent d'un souterrain. Il n'a aucune idée qu'il s'agit de ses collègues, puisque selon les instructions données, ces derniers ne sont pas sensés se trouver là. Il décide de traverser les voies et d'approcher à son tour.

Un premier coup de feu retentit, puis une fusillade éclate, c'est la confusion la plus totale. L'inspecteur Jacques Bourgoin, trente ans, est atteint mortellement par un tir de pistolet mitrailleur de l'un de ses collègues. Dans le même temps, l'inspecteur principal Henry Caumel, trente-sept ans, est grièvement blessé et sombre dans le coma pendant plusieurs mois. Les malfrats n'étaient pas armés, et sont interpellés avec le butin, mais l'opération est un échec douloureux et une polémique interne éclate très vite. Il est reproché au commissaire d'avoir mené une opération hasardeuse et d'être à l'origine du déclenchement de la fusillade.

Mercredi 15 Novembre 1978. Le commissaire Jacques Bolusset, désigné comme l'auteur du premier coup de feu, est inculpé pour "homicide et blessures involontaires" au terme de longues investigations qu'il n'est pas éthique de rappeler ici. L'enquête est placée sous l'autorité d'un juge d'instruction d'Angers, M. De La Gatinais.

Jeudi 27 Septembre 1979. Une ordonnance de non-lieu est délivrée par le juge d'instruction au tribunal d'Angers, qui met fin aux poursuites contre le commissaire Bolusset.

Note : Le récit de cette affaire pouvant être source d'un débat conflictuel, merci d'en apprécier la neutralité, et de garder à l'esprit qu'il s'agit d'honorer la mémoire du défunt. Si vous êtes un proche de la victime, merci de prendre contact avec moi.

Sources :
Journal télévisé du 28/10/1977,  "Reportage sur les faits en Une d'actualité"
"P... comme Police", pages 225 et 226 ; éditions Alain Moreau - 1983
Le Monde, article du 03/10/1979, "Non lieu pour le commissaire Bolusset"
Le Monde, article du 15/11/1978, "Un an après la fusillade de Fontenay-le-Fleury"
Le Monde, article du 04/04/1978, "Un commissaire mal aimé"
Le Monde, article du 29/10/1977, "Un inspecteur de police est tué par un de ses collègues au cours d'une opération"

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