Antoine BIANCARDINI

1979 - Le commissaire principal Antoine Biancardini est abattu par un forcené retranché dans un appartement de la cité Lamartine à Marseille.

Né le 16 juin 1942 à Toulon (Var), il devient commissaire de police en septembre 1973. Affecté à la direction départementale des polices urbaines des Bouches-du-Rhône, dans un arrondissement de Marseille, il prend finalement la tête de la 1ère brigade territoriale de la sûreté urbaine.

Il décède, victime du devoir à l'âge de trente-sept ans, il était marié et père d'un enfant. Une rue de Vitrolles porte désormais son nom.
Jeudi 7 Juin 1979. Depuis trois heures du matin, l’ensemble du bâtiment 3 de la cité Lamartine dans le 15ème arrondissement de Marseille (Bouches du Rhône) a été évacué et des dizaines de policiers ont établi un périmètre de sécurité étanche. L'un des résidents, Mohamed Maaoui, cinquante-et-un ans, est en pleine crise de démence.

Devenu paraplégique à la suite d'un accident du travail survenu il y a cinq ans, il montrait depuis le dimanche dernier les premiers troubles, allant jusqu'à incendier un matelas devant la porte palière de son voisin. Admis dans un centre psychiatrique, il était revenu depuis à son domicile.

Armé d'une carabine, cette ancien harki tire sur tout ce qui se présente à sa portée et menace de faire sauter son appartement avec le gaz. Un marin-pompier qui avait tenté d'ouvrir la porte palière à l’aide d’un pied-de-biche a reçu deux balles dans l’aine.

Un policier parlant arabe, aidé par le médecin traitant du forcené, a bien tenté de le raisonner. Mais l’homme semble avoir basculé définitivement. Depuis l’appel des riverains au standard de la police, vers les deux heures du matin, la situation n’a cessé d’empirer

Le commissaire principal Antoine Biancardini, chef de la 1ère brigade territoriale de la sûreté urbaine de Marseille arrive sur les lieux. À 5h07, il lance un premier assaut. Douze grenades lacrymogènes sont lancées dans l’appartement à travers les fenêtres et la porte est enfoncée. Un chien policier est envoyé pour maitriser l'aliéné, mais les gaz désorientent l’animal.

Réputé pour sa vaillance et très estimé de ses subordonnés, le commissaire Biancardini décide de prendre les choses en main personnellement. Une lampe électrique à bout de bras, il passe alors la tête dans l’entrebâillement de la porte défoncée. Mais un coup de feu part dans la seconde. Le projectile vient se loger derrière l’oreille après avoir transpercé la mâchoire. Le policier plonge, aussitôt dans un coma irréversible.

Un nouvel assaut a lieu. Maaoui est retrouvé par terre, à plat ventre, une carabine à répétition 22 long rifle à la main. Enfin maîtrisé, le forcené finit par être interné (à nouveau) dans un hôpital psychiatrique.

Sources et références :
Avec l'aimable contribution de son neveu, Stéphane.
Le Monde du 11/06/1979, "Le commissaire Biancardini est mort"
Le Monde du 08/06/1979, "Faits divers"