Philippe MAZIZ

Portrait paru sur le Paris Match 1641 du 07/11/1980
1980 - Le gardien de la paix Philippe Maziz est tué par méprise au cours d'une opération nocturne sur les hauteurs de Vallauris.
Dans la nuit du lundi au mardi 12 Février 1980, trois policiers de la brigade de surveillance de nuit d'Antibes (Alpes-Maritimes) quittent le commissariat central à bord d'une Renault 14 banalisée, indicatif "Café 18". Ils ont reçu pour instructions de patrouiller dans la zone pavillonnaire de Vallauris où les cambriolages se multiplient.

L'équipage est composé d'un inspecteur de la Sûreté Urbaine, Archange Angeletti et de deux gardiens de la paix, Jacques Romain et Philippe Maziz ; tous en tenues civiles ou panachées. Tandis que les deux premiers effectuent une ronde autour de plusieurs villas, le gardien Maziz reste seul au volant du véhicule, stationné chemin des Pertuades.

Vers 3h du matin, six policiers de la Brigade de recherche et d'intervention de Nice se rendent également chemin des Pertuades à bord de deux véhicules banalisés dans le cadre d'une grave affaire d'enlèvement et séquestration d'un homme d'affaires, Guy Pitoun. La rançon de 5 millions de francs demandée par les ravisseurs a pu être interceptée avec l'un d'eux à la frontière italienne par la BRI ; et leurs enquêteurs, qui travaillent nuit et jour depuis deux semaines, doivent vérifier les indications de l'individu interpellé, à savoir que l'otage serait retenu dans l'un des pavillons alentours.

Lorsque les hommes de la BRI remarquent la présence d'un homme semblant faire le guet dans une R14 au beau milieu de la nuit, à la proximité du pavillon qu'ils sont sur le point d'investir, ils sont persuadés qu'il s'agit de l'un des malfaiteurs. Ils décident de procéder à son interpellation.

Alors que la BRI s'approche et donne de brèves sommations, une fusillade éclate. Le gardien de la paix Philippe Maziz, vingt-quatre ans, est atteint mortellement à huit reprises alors qu'il tente de sortir du véhicule, arme à la main. Les hommes de la BRI découvrent avec consternation sous la gabardine du jeune homme un uniforme de policier. Quant au pavillon de Vallauris, c'est une fausse piste.

L'otage est finalement découvert le lendemain sain et sauf sur un chantier de la commune du Tignet ; la rançon est récupérée et les auteurs seront arrêtés. Mais l'affaire Pitoun est devenue désormais l'affaire Maziz et la presse parle de "guerre des polices". Le comble de l'horreur survient le jour de la St-Valentin : Annie Maziz, vingt-cinq ans, n'a pas supporté la mort de son époux dans des circonstances aussi tragiques que sujettes à d'importantes polémiques. Elle met fin à ses jours après avoir tué son fils Nicolas, 4 ans, à l'aide d'un pistolet.

Samedi 16 Février 1980. Les obsèques de la famille Maziz sont organisées à Souchez dans le Pas de Calais, d'où était originaire le gardien de la paix décédé. Il est nommé brigadier de police à titre posthume et décoré de la médaille d'or pour acte de courage et de dévouement. La famille se constitue partie civile et entame une longue procédure judiciaire.

Mardi 15 Mars 1983. La cour d'appel de Lyon confirme un non-lieu prononcé par la cour de cassation. Constituée partie civile avec le soutien du syndicat national des policiers en tenue la famille Maziz visait à rétablir l'honneur de ce dernier. "Le gardien de la paix Philippe Maziz a été tué en service par des policiers en état de légitime défense."

6 Septembre 1990. Une nouvelle plainte pour "faux en écriture" déposée un an plus tôt par la famille Maziz est rejetée. Cette dernière avançant l'hypothèse que la "confusion" serait née d'un premier coup de feu distinct provenant d'une arme individuelle d'un inspecteur de la BRI, en s'appuyant sur le rapport de synthèse d'un commissaire rédigé en Mars 1980 comme nouvel élément de preuve. Il était effectivement établi depuis le début que le gardien de la paix Maziz n'a jamais ouvert le feu.

Note : Le récit de cette affaire pouvant être source d'un débat conflictuel, merci d'en apprécier la neutralité, et de garder à l'esprit qu'il s'agit d'honorer la mémoire du défunt.

Sources:
Le Monde, article du 12/02/1991, "La mort occultée de Philippe Maziz, gardien de la paix"
 

Le Monde, article du 18/03/1983, "Non-lieu confirmé l'affaire Maziz"
Le Monde, article du 16/02/1980, "Les obsèques de la famille Maziz seront célébrées dans le Pas-de-Calais"
Le Monde, article du 13/02/1980, "Un gardien de la paix est tué par méprise par un de ses collègues"
"P... comme Police", pages 231-232-233-252, éditions Alain Moreau - 1983
Chroniques de Georges Moréas, La PJ de 1980 (2)
Journal télévisé du 12/02/1980 - à voir à 15:15

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