mardi 14 octobre 1980

Jean-Claude GATUINGT

1980 - Le gardien de la paix Jean-Claude Gatuingt est abattu par un détenu en cavale au cours d'un contrôle de débit de boissons.

Entré dans la police en 1971, il était marié et père de trois enfants.

Page réalisée avec l'aimable autorisation de son épouse Jacqueline.
Mardi 14 octobre 1980. Six policiers du commissariat de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) procèdent au contrôle de nuit du « Pélican » : un débit de boissons doté d'une très mauvaise réputation situé 34 Avenue du Capitaine Glarner.

Les policiers relèvent les identités des consommateurs présents, et l'un deux se poste à l'entrée pour filtrer le principal accès. A cet instant, ils ne se doutent pas que l'un des habitués des lieux se sait recherché, et qu'un drame va se produire.

Lorsque l'un des policiers se présente à sa table, il prétexte que ses papiers d'identité sont restés dans son imperméable. Or celui-ci est accroché à un porte-manteau se trouvant dans une petite pièce voutée, à leur proximité immédiate. L'individu s'y rend et a le choix entre quitter le bar par une petite porte non verrouillée, ou saisir un revolver cal. 6,35 qu'il dissimule dans une poche de son manteau.

Dépourvu de dignité, il ouvre le feu sur les policiers à dix reprises et sans discernement. Il atteint mortellement dans le dos le gardien de la paix Jean-Claude Gatuingt, trente-huit ans et blesse grièvement au ventre le gardien de la paix Alain Dourbecker, trente ans, et l'officier de paix supervisant l'opération : Jean-François Dalbin, vingt-quatre ans. Atteint à la colonne vertébrale, ce dernier ne remarchera plus jamais.

Les autres policiers présents ripostent ; sept coups de feu sont tirés. Neutralisé, le malfaiteur est atteint à l'épaule et à l'aine. Il s'agit de Jean-Michel Le Commandoux. Condamné le 30 juin 1978 à six ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de Paris pour deux vols à main armée, il a pourtant bénéficié dès le 13 mai 1980 d'une permission de sortie. Il n'avait pas réintégré la centrale de Melun depuis.

Vendredi 17 Octobre 1980. Les obsèques officielles du gardien de la paix Jean-Claude Gatuingt ont lieu devant la Préfecture de Bobigny. Né le 14 janvier 1942 près de Lesperon dans les Landes, il était marié à Jacqueline et père de trois enfants : Frédéric, 13 ans et demi, Stéphane 10 ans et Elisabeth 7 ans.

Jacqueline explique : "Nous nous sommes connus en 1963 ; il a d'abord été receveur à la RATP (il faisait payer sur la plate-forme du bus) ; il roulait sur la ligne 80 que je prenais pour aller travailler de la Place Clichy jusqu'au Pont de l'Alma. Puis il est devenu "Machiniste", il conduisait les bus. Nous nous sommes mariés le 23 avril 1966 à Paris 17ème."

Puis "il est entré dans la Police par vocation en octobre 1971. Élève gardien de la paix au Centre d'application des personnels en uniforme de Vincennes, il est finalement affecté à Epinay-sur-Seine, puis Stains à la Brigade des Mineurs, pour finir à Saint-Ouen. Jean-Claude prenait son service à 23h30, comme chaque soir quand il était de service. Il partait de la maison pour 23h15, de chez nous au Commissariat de St Ouen, il en avait pour 5mn en voiture. Il était très strict sur ses horaires. Etant "Bécétiste" depuis avril 1979, il fonctionnait en qualité de brigadier depuis pratiquement une année. Il devait être nommé dans le grade au 1er janvier 1981 dans le 18ème arrondissement de Paris."

Vendredi 19 Novembre 1982. Le procès de " l'affaire du Pélican " s'est tenu aux assises de Bobigny (Seine-Saint-Denis) trois jours durant. Jean-Michel Le Commandoux est condamné à la peine maximale, dite "à perpétuité", assortie d'une mesure de sûreté de dix-huit ans.

En Février 2000, Jean-Michel Le Commandoux quitte la centrale de Clairvaux en toute discrétion ; il reste sous contrôle judiciaire durant neuf mois avant de retrouver complètement la liberté.

Sources :
Entretien avec Jacqueline Gatuingt
Le Monde du 19/11/1982, article de Michel Bole-Richard
Journal télévisé du 14/10/1980 - une du journal

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