Roland LINCK

1980 - L'inspecteur divisionnaire Roland Linck est tué par un tir ami déclenché accidentellement au cours de l'interpellation de trois malfaiteurs à Paris.

Page réalisée avec l'aimable autorisation de sa famille.
Mercredi 3 Décembre 1980. Trois malfaiteurs viennent de commettre un vol à main armée au préjudice d'une société de récupération des métaux à Bobigny (Seine-Saint-Denis), et regagnent la banlieue sud à bord de deux voitures avec un butin de 60.000 francs. Ils ne se doutent pas que deux équipes de policiers constitués de membres de la Brigade de recherche et d'intervention et de l'Office central pour la répression du banditisme les suivent discrètement.

Vers 12h10, ces derniers décident de procéder à leurs interpellations alors qu'ils se stationnent face au 177 de l'Avenue Vercingétorix dans le 14ème arrondissement de Paris.

L'un des suspects prend rapidement la fuite, mais il est rattrapé sans incident quelques instants plus tard. Il s'agit de Gabriel Vernier, trente-cinq ans. Ses deux complices se montrent quant à eux beaucoup plus virulents.

L'un d'eux, Marc Laimé, vingt-huit ans, dégoupille une grenade offensive qu'il laisse rouler au sol. L'inspecteur Jean-Yves Toumit a le courage de la saisir et l'envoyer au dessus d'un mur SNCF vers une voie déserte. Cependant le système de mise à feu est défectueux ; elle n'explose pas.

Le troisième malfaiteur, Marc Fillali, trente ans, refuse catégoriquement d'être menotté et se débat vivement. Pendant le corps-à-corps, un policier qui venait de saisir son arme déclenche accidentellement un tir. Le projectile atteint au foie très grièvement un membre de la BRI, l'inspecteur divisionnaire Roland Linck, quarante-six ans, et le même projectile blesse à la jambe l'inspecteur Jean-Marc Maury, trente-six ans.

Immédiatement dirigé par le SAMU vers l'hôpital Boucicaut, Roland Linck décède moins de deux heures après le drame d'une blessure rendue inopérable. Originaire de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), il était marié et père de deux enfants. Entré dans la police au début des années 1960 comme simple gardien de la paix, il passait avec succès le concours d'inspecteur de police et rejoignait par la même la célèbre brigade de voie publique, au groupe nuit. Ce policier rigoureux, disponible, ponctuel et doté d'un caractère râleur, comme l'évoque son fils, était très apprécié de ses pairs. Il avait rejoint la brigade antigang en 1971 jusqu'à y devenir chef de groupe.

15 Décembre 1983. La cour d'assises de Paris condamne les trois gangsters, tous récidivistes, à des peines de huit à dix ans de prison pour "vol qualifié, association de malfaiteurs, détention et transport d'armes". 

Sources :
Journal télévisé du 03/12/1980 (voir à 20mn30)
Mémoires du commissaire Robert Broussard - Broché
Le Monde du 05/12/1980, "Un inspecteur divisionnaire de l'antigang tué accidentellement par un collègue"

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