Francis VIOLLEAU

1981 - Le gardien de la paix Francis Violleau
est abattu par une terroriste de la Fraction
armée rouge. Il meurt des suites de ses
blessures en l'an 2000.

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Mardi 4 Août 1981, fin d'après-midi. Deux gardiens de la paix cyclomotoristes de la préfecture de police de Paris régulent la circulation dans le quartier de Montparnasse. Une moto de petite cylindrée grille un feu rouge et les deux policiers tentent aussitôt de procéder à son contrôle. Mais le pilote, dépourvu de casque, n'obtempère pas et prend la fuite en empruntant le Boulevard Raspail à contre-sens.

Alors que l'un des policiers chute, la poursuite emmène le gardien de la paix Francis Violleau, seul, Rue de la Chaise dans le 7ème arrondissement de Paris, où le fuyard finit par s'arrêter près d'un garage, persuadé d'avoir semé les policiers.

Le policier s'approche avec méfiance de l'individu, qui s'avère être une jeune femme. Le policier baisse sans doute sa garde, et demande à la contrevenante de lui présenter des documents. Cette dernière ouvre son blouson, exhibe une arme et tire sans hésitation. Le projectile traverse la gorge et vient briser la 7e vertèbre cervicale du policier.

Le gardien de la paix Francis Violleau, trente-et-un ans, est admis à l'hôpital Saint Michel dans un état grave. Marié à Yolaine, ce jeune père de trois enfants devient tétraplégique. Il passe deux années dans un centre de réadaptation avant de rentrer chez lui, contre avis médical. La vie de la petite famille est bouleversée et devient très difficile.

L'enquête menée par la brigade criminelle aboutie rapidement à l'identification d'une terroriste allemande, grâce aux empreintes laissées sur la moto et un sac à main abandonnés lors de sa fuite : Inge Viett, trente-sept ans, membre de la Fraction armée rouge.

Cette figure du terrorisme d'extrême gauche allemand avait été arrêtée une première fois en mai 1972 pour sa participation à un attentat meurtrier contre le yacht-club britannique de Berlin et plusieurs braquages sanglants commis en Allemagne pour le compte de la nébuleuse terroriste. Elle avait réussi à s'évader un an plus tard, et vivait clandestinement à Paris depuis 1979.

Mercredi 13 Juin 1990. Inge Viett est enfin arrêtée à Magdebourg après avoir vécu dans la clandestinité en Allemagne de l'Est, avec la complicité de la Stasi. La chute du mur de Berlin en 1989 aura provoqué la sienne. Deux ans plus tard, elle est condamnée à treize années de prison. Libérée en janvier 1997, à la moitié de sa peine, elle vit depuis du chômage dans une cité HLM de l'ex-RDA.

Vendredi 17 Mars 2000. Élevé à titre honoraire brigadier de police, et récipiendaire de la médaille pour acte de courage et dévouement, Francis Violleau vit difficilement dans un centre médical spécialisé à Blois depuis 1985. Il finit ses jours parfaitement conscient et lucide sur sa situation dans le plus strict anonymat à l'âge de cinquante-quatre ans. Originaire de Jonzac (Charente-Maritime), il repose désormais au caveau familial de Mérignac (Gironde).

Jeudi 15 Avril 2010. Le préfet de police Michel Gaudin inaugure la "salle Francis Violleau" dans les locaux des compagnies de circulation de la direction, sis 71 Rue Albert dans le 13ème arrondissement de Paris. Francis Violleau n’est pas "mort en service", mais il mérite le même respect.

Sources :
Der Spiegel du 08/09/1997, article de Bruno Schrep
Archives Le Monde du 06/08/1981 - du 13/08/1981 et du 14/08/1981
Un nom sur une porte : mémorial pour un flic de Georges Moréas - à lire ici

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