mercredi 7 juillet 1982

Joël CHAMBAULT

Tous droits réservés. Sylvie Robert
1982 - Le gardien de la paix Joël Chambault est abattu par un malfaiteur pris en flagrant délit de vols à main armée, et qu'il vient d'intercepter au terme d'une course poursuite dans les rues de Dijon.
Mercredi 7 Juillet 1982, 22h00. Trois individus très défavorablement connus des services de police écument les établissements du centre-ville de Dijon (Côte d'or) à la recherche d'un mauvais coup.

Très loin de jouer la carte de la discrétion, ils commandent du champagne dans un bar du quartier de la gare et n'ont nullement l'intention de régler l'addition.

Ils provoquent volontairement un différend avec le gérant et volent sous la menace d'une arme de poing le fond de caisse journalier. Avant de prendre la fuite, plusieurs de coups de feu sont tirés dans la vitrine.

Insatisfaits, le trio repère un hôtel. Après avoir sévèrement roué de coups le veilleur de nuit, tous trois repartent avec le fond de caisse. Soient deux vols à main armée pour un butin particulièrement minable de 350Frs.

Montés à bord d'une Talbot Samba volée immatriculée dans le Doubs, les truands sont vite repérés par une patrouille de police sur la Place Darcy. Le conducteur de la Talbot refuse d'obtempérer et achève la poursuite en percutant une large vasque de fleurs de la petite Rue des Forges située juste derrière la Mairie. Affecté à la brigade canine qui vient de barrer la route aux malfrats, le gardien de la paix Joël Chambault, trente-six ans, est sur le point d'interpeller un truand lorsque celui-ci tire à une reprise dans sa direction. Le policier est atteint mortellement à la gorge.

Au terme d'un échange de coups de feu, le tireur, Salah Louhali, trente-trois ans, est interpellé avec ses deux complices, Tijani Rehab, trente-trois ans et Gilbert Sauveur-Accardo, vingt-neuf ans. Louhali est un détenu permissionnaire qui n'avait volontairement pas regagné la maison d'arrêt locale...



Originaire de Bar-sur-Seine (Aube), le gardien de la paix Joël Chambault était marié à Nicole Gastelout. Entré en 1974 au centre régional d'instruction de la police nationale à Reims (Marne), il est affecté au terme de sa formation à la brigade canine de Dijon (Côte-d'Or). Le couple et leurs deux garçons s'installent à Sombernon (Aube).

Membre d'une fratrie de dix enfants, Joël Chambault entre très tôt dans la vie active ; à 14 ans il débute comme apprenti boucher à Bar-Sur-Seine. A 18 ans, il s'engage pour une durée de trois ans au 1er régiment de parachutistes d'infanterie de marine (les bérets rouges de Bayonne). Au terme de son contrat, il part à l'aventure pendant six mois aux Indes.

A son retour, il tente de monter une société spécialisée dans le terrassement pour l'aménagement des terres à vignes, mais il décide finalement de rejoindre les forces de l'ordre, comme deux de ses frères - l'un inspecteur de police à Vernon (Eure), l'autre adjudant-chef de l'armée de terre à Vitry-le-François (Aube) - et un cousin - gardien de la paix à Troyes (Aube). Nommé brigadier de police à titre posthume, cité à l'ordre de la nation, Joël Chambault désormais repose au cimetière de Sombernon.


6 Décembre 1985. La cour d'assises de la Côte-D'Or condamne Salah Louhali à la réclusion criminelle dite à perpétuité assortie d'une mesure de sûreté de dix-huit ans sans possibilité de remise de peine ou de permission de sortie. Ses deux complices ont été condamnés à vingt ans de réclusion criminelle.

Sources et références:
Entretien avec Jean-Paul Chambault (frère) 
Le Monde, article du 09/12/1985, "Réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtrier d'un policier"
Le Monde, article du 09/07/1982, "Un policier tué au cours d'une interpellation"
L'Express - La légende des Badinter (googlebooks, 1982)
Le Point - numéros 510 à 519 (googlebooks, 1982)

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