Joseph LEON

1984 - Le gardien de la paix Joseph Léon est tué par un duo de braqueurs. Âgé de 39 ans, il était marié et père de deux enfants.

Originaire de la Réunion, il est entré dans l'administration en 1973 et trouve la mort dix jours après avoir rejoint la BAC des Hauts-de-Seine.

Page réalisée avec l'aimable autorisation
de sa fille Christel.
Jeudi 11 Octobre 1984. La brigade anticriminalité des Hauts de Seine repère un véhicule volé garé sur un trottoir de la Rue Bellini, commune de Puteaux (Hauts-de-Seine). Procédant à une surveillance discrète, les trois policiers constatent vers 4h30 que deux individus suspects se dirigent vers le véhicule en question. Interpellation.

Mais les malfaiteurs exhibent aussitôt des armes et une brève fusillade éclate. Le gardien de la paix Joseph Léon, trente-neuf ans, est atteint mortellement par un projectile. Le brigadier Lucien Sauvage et le gardien de la paix Michel Trochain ont riposté à six reprises chacun, sans toutefois les atteindre.

Un deuxième équipage de police se lance à la poursuite des malfrats. L'un d'eux est rattrapé alors qu'il porte encore un pistolet P38. Il s'appelle Serge Lefèvre, vingt-neuf ans ; individu bien connu des services de police pour de multiples vols à main armée.

Ce dernier est un détenu permissionnaire en cavale condamné en 1979 à huit années de prison ferme pour plusieurs braquages. Les récentes réformes judiciaires lui ont permis de bénéficier en mars 1984 à une sortie anticipée de la centrale de Poissy (Yvelines).



Mardi 16 Octobre 1984. Les obsèques officielles du gardien de la paix Joseph Léon ont lieu à la préfecture des Hauts-de-Seine, à Nanterre. Originaire de Saint-Leu (La Réunion), il était marié et père de deux enfants : Thierry et Christel. Né le 10 novembre 1945, il quitte la Réunion en 1965 pour effectuer son service militaire à Madagascar.

Prenant goût au métier des armes, il s’engage dans la Marine nationale et c’est là qu’il rencontre, à Toulon, sa femme Odette, originaire de cette ville du Var. À la fin de son contrat, il entre comme fonctionnaire dans la police le 1er février 1973.

Affecté le 3 septembre 1979, à sa demande, à la surveillance du métro parisien, dont la mission est de rassurer par sa présence et de traquer pickpockets et voleurs à la tire. Puis, toujours à sa demande, il rejoint, le 1er octobre 1984, la Brigade Anti-Criminalité (BAC) à Nanterre (Hauts-de-Seine).
Christel : « Mon père adorait son métier, je pense. C’était un homme d'action. Après la Marine Nationale, la Police était pour lui une évidence, je suppose. Une chose est sûre, il ne s'imaginait pas vivre vieux et il abordait la quarantaine avec quelques difficultés. Il ne supportait pas l'idée qu'il puisse finir dans un fauteuil roulant. Il était en pleine forme mais se demandait comment il ferait plus tard pour continuer à courir derrière les malfaiteurs. A la maison il décompressait en jouant de la guitare (Brassens), et je chantais avec lui. Merci de me permettre d' évoquer ces souvenirs. »


20 Octobre 1984. Arrestation d'Alain Teixeira, trente-cinq ans, interpellé Place Clichy à Paris alors qu'il retrouve sa maitresse, Barbara Affi, et laquelle faisait l'objet d'une filature par la Brigade de répression du banditisme. Cet autre habitué des braquages était dénoncé par son complice de longue date dès le lendemain de la fusillade. L'expertise balistique établie qu'il s'agit bien de l'auteur des coups de feu mortels contre le policier, au moyen d'un .357 magnum.

30 Janvier 1986. La cour d'assises des Hauts-de-Seine condamne Alain Texeira à la réclusion criminelle dite à perpétuité pour le meurtre du gardien de la paix Léon ; peine assortie d'une mesure de sûreté de 16 ans. Serge Lefèvre écope d'une peine de vingt ans d'emprisonnement pour tentative d'homicide avec une peine de sûreté de 13 ans.


Sources :
Entretien avec Christel Galtier Léon (fille)
Journal télévisé du 11/10/1984 , "reportage à 9mn23s"
Le Monde, article du 13/10/1984
, "Les syndicats de policiers ont vivement réagi après la mort d'un gardien de la paix"
Le Monde, article du 23/10/1984, "Arrestation de l'un des auteurs de la fusillade de Puteaux" 
Le Monde, article du 31/01/1986, "A la cour d'assises, autopsie d'une fusillade"

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