dimanche 2 décembre 1984

Stéphane SWIGON

1984 - Le gardien de la paix Stéphane Swigon est abattu dans un guet-apens par un commando de l'ex-Front de libération nationale corse.

Originaire de Buchères, ce passionné de football était le cinquième d'une fratrie de sept enfants. Il rejoignait l'école nationale de police de Sens au début des années 80 et obtenait une affectation à la Compagnie républicaine de sécurité N°48 à Aubière avant de rejoindre sa région natale à la CRS de Troyes à sa demande.

Page réalisée avec l'aimable autorisation de sa famille.
En Décembre 1984, la Compagnie Républicaine de Sécurité N°35 basée à Troyes (Aube) a la charge du maintien de l'ordre à Bastia (Haute-Corse).

La compagnie y est stationnée à moins de trois cents mètres de la Préfecture car l'île est effectivement en proie à une succession de manifestations pro-nationalistes particulièrement séditieuses, qui font suite à une manifestation officielle pour la reconnaissance du statut de prisonnier politique de nationalistes incarcérés.

On dénombrait dans la soirée du 1er décembre pas moins d'une dizaine de plastiquages de cibles républicaines comme le siège de la direction départementale de l’équipement, le rectorat académique, ou encore la destruction massive de véhicules et de locaux d'EDF.

Des milliers de "manifestants" s'en sont pris à des établissements métropolitains aux moyens de bombes artisanales prêtes à l'emploi (cocktails molotov, dynamite,...). Actes prémédités. La nuit s'est terminée très difficilement en affrontements sporadiques mais appuyés contre les CRS et les gardes mobiles. Plusieurs gendarmeries ont par ailleurs été mitraillées.

Dimanche 2 Décembre 1984. Vers 3h du matin, c'est dans ce contexte que trois gardiens de la paix de la CRS N°35, en surveillance à bord d'une Renault 5 sérigraphiée, remarquent une Renault 4L de couleur sombre qui circule à très vive allure en direction de la Préfecture. Le véhicule suspect effectue une brusque manoeuvre et se porte de nouveau à hauteur du véhicule de police.

Soudain les policiers sont victimes de tirs nourris venant du véhicule suspect. Le brigadier Pierre Gerlier, vingt-huit ans, est atteint à la jambe droite. Le gardien de la paix Michel Mouret, vingt-sept ans, grièvement blessé à la colonne vertébrale et à la tête, perd irréversiblement l'usage d'un oeil. Le gardien de la paix Stéphane Swigon, vingt-trois ans, est atteint mortellement à la poitrine et à la tête.

Jeudi 6 Décembre 1984. Les obsèques officielles du gardien de la paix Stéphane Swigon se tiennent à Troyes. Le même jour, plus de vingt mille corses refusant la violence manifestent pacifiquement dans toute l'île pour afficher leur réprobation des méthodes nationalistes et leur lassitude. A l'exception des communistes, des autonomistes et bien évidement des nationalistes, toutes les mouvances politiques se sont unis dans cet événement, qui n'avait jamais eu lieu jusqu'alors.

Mardi 11 Décembre 1984. L'attentat est revendiqué dans un communiqué authentifié par l'ex-Front de Libération National Corse. Il revendique également le mitraillage des gendarmeries de Solenzara, Ile-Rousse et Borgo au cours de la même nuit, en Corse ; ainsi que deux attentats à l'explosif à Porticcio et à Ajaccio, des attentats à l'explosif contre le siège de l'EDF, une perception, l'agence bancaire Worms, la DDE et le rectorat.

Les assassins de ce jeune policier n'ont toujours pas été identifiés.

Sources :
Le Monde, article du 12/12/1984, "L'ex-FLNC revendique le meurtre d'un CRS à Bastia"
Le Monde, article du 10/12/1984, "Le discret voyage de M. Joxe en Corse"
Le Monde, article du 07/12/1984, "Vingt mille manifestants à Ajaccio"
Le Monde, article du 06/12/1984, "Au nom de l'union sacrée"
Le Monde, article du 05/12/1984, "L'ex-FLNC revendique les attentats di week-end en Corse"
Le Monde, article du 04/12/1984, "Corse : brusque regain de violences"
Archives vidéos de l'INA, Voir le journal télévisé du02/12/1984

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