Claude MARTY & Marc PIERRE

1988 - Deux gardiens de la paix sont abattus à Perpignan par deux malfaiteurs surpris en flagrant délit de vol à main armée dans un bijouterie.
Mardi 23 Août 1988. Deux individus entrent dans la bijouterie Paulignan, rue des Augustins à Perpignan (Pyrénées-Orientales). Il est 9h30. Il s'agit d'Alain Raspaut, vingt-neuf ans et Pascal Castillo, vingt-sept ans. Ces deux malfrats ont profité d'une permission de sortie pour s'évader de la maison d'arrêt de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) où ils étaient incarcérés pour vols qualifiés. Ils sont armés et déterminés à financer leur cavale.

Munis d'armes de poings et d'une grenade offensive, ils menacent le gérant, Jean Paulignan, et sa vendeuse. Le premier se retrouve pieds et poings liés et la vendeuse est intimée d'aider les braqueurs à mettre les bijoux dans des sacs. Elle est apeurée mais elle parvient à prévenir par des signes équivoques une riveraine, laquelle prévient aussitôt le commissariat local. 

Deux îlotiers cyclomotoristes arrivent les premiers sur les lieux. Le gardien de la paix Claude Marty interpelle Castillo alors que celui-ci est sur le point de quitter la bijouterie. Mais le policier très expérimenté lui fait lever les bras et procède à une palpation de sécurité. Il découvre un pistolet 9 mm dissimulé à sa ceinture.

C'est à cet instant que Raspaut surgit et ouvre le feu avec un pistolet 7.65 au poing. Claude Marty, quarante-trois ans, est frappé de deux projectiles mortels à la poitrine, et d'un troisième à l'épaule. Son équipier, le gardien de la paix Robert Crouzet, quarante-et-un ans, est grièvement atteint au ventre.

Dans le même temps, deux gardiens de la paix motocyclistes arrivent sur place. Ils sont aussitôt pris pour cibles. Castillo est blessé à la tête en retour. Le gardien de la paix Marc Pierre, trente-six ans, est frappé par un projectile à la gorge. Son équipier, le gardien de la paix Mathieu Riera, quarante ans, est blessé à la cuisse et à l'épaule. Un employé de mairie est également victime d'un tir à la main. 

Le gardien de la paix Claude Marty est abattu le premier alors qu'il identifie et saisit l'un des deux malfaiteurs pour le menotter.

Âgé de quarante-trois ans, il était marié et père de deux enfants, Jean-Marie et Gilles. Entré dans la police en 1969, il était un ancien membre du groupe d'intervention de la police nationale de Toulouse (Haute-Garonne).
Le gardien de la paix motocycliste Marc Pierre est abattu alors qu'il arrive en renfort et surprend l'un des malfaiteurs en train de prendre la fuite avec un otage.

Âgé de trente-six ans, il était marié et père de deux enfants âgé de huit et douze ans.

Si vous êtes un proche de l'une ou
l'autre victime, merci de me contacter.


Raspaut est contraint de retourner dans le magasin après s'être emparé de l'arme du gardien Marty. Pris au piège, il retient en otage l'employée de la bijouterie et espère s'enfuit dans une impasse grenade en main. Il finit par s'écrouler, touché à la hanche par les tirs de riposte des policiers arrivés en renfort. Le malfaiteur est neutralisé.

L'enquête établit que Pascal Castillo, originaire de Béziers (Hérault), avait été condamné à six ans de détention criminelle pour vol qualifié. Il n'avait pas regagné la centrale depuis le mois de mars. Il a été légèrement atteint à la tête au cours de la fusillade.

Son complice, Alain Raspaut, originaire de La Roche-sur-Yon (Vendée), condamné à une peine de dix ans prononcée en 1985 pour vol aggravé, n'avait pas reparu à la centrale de Lannemezan à l'issue d'une permission obtenue en Juillet. Dans la fusillade, il a été grièvement blessé d'une balle dans la poitrine.

25 Août 1988. Me Jean Delubac, juge d'instruction au tribunal de Perpignan inculpe Raspaut sur son lit d'hôpital d'homicide volontaire, tentative d'homicide, tentative de vol avec arme, séquestration de personnes en qualité d'otages, détention et port d'arme de première catégorie. Même scénario pour son complice. Castillo est inculpé de tentative de vol avec arme, port d'arme de première catégorie.

2 Septembre 1988. Le gardien de la paix Marc Pierre succombe lui aussi à ses blessures sur son lit d’hôpital. Il était marié et père de deux enfants âgé de huit et douze ans.

14 février 1992. Au terme de cinq jours d'audience et de deux heures de délibérés, Alain Raspaut est condamné par la cour d'assises des Pyrénées orientales à la réclusion criminelle à perpétuité assortie de 20 ans incompressibles pour les meurtres des deux policiers. Pascal Castillo, qui niera jusqu'au bout avoir tiré, écope de 20 ans de réclusion criminelle. 

6 Août 2003. Libéré trois ans plus tôt, Pascal Castillo est retrouvé mort dans l'Hérault, exécuté de deux balles de 7.65. Son corps gisait dans une armoire métallique flottant dans les eaux d'une mine désaffectée. Élucidé, ce meurtre est imputé à deux anciens complices d'un trafic de stupéfiants.

3 Avril 2012. Raspaut demande une libération conditionnelle qui aboutit...

7 Septembre 2015. Raspaut et deux complices sont arrêtés en Espagne dans le cadre d'une grave affaire de séquestration. il est de nouveau incarcéré.

Sources et références :
Le Monde du 24/08/1988, "A Perpignan, un policier tué par des malfaiteurs"
Le Monde du 25/08/1988, "L'attaque à main armée d'une bijouterie à Perpignan [...]"
L'indépendant du 16/09/2015, "Le film du braquage sanglant de Perpignan"

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Merci de laisser votre nom ou un pseudonyme pour faciliter les échanges.

Mentions légales

Toutes les informations et photographies contenues dans les récits qui suivent ont été obtenues à partir de recoupement d'articles de presse archivés et/ou numérisés dans les moteurs de recherches, et/ou à partir des nombreuses correspondances avec les proches des victimes. Les sources sont citées mais il faut rester prudent sur leur fiabilité.

Les propos injurieux, haineux, indécents et globalement hors sujet ne seront pas acceptés. Il s'agit avant toute chose de rendre hommage à ces personnes.

Tous droits réservés.