Louis Manuel DIAS

1989 - Le gardien de la paix Louis Manuel Dias est tué par arme à feu alors qu'il garde les locaux de la brigade financière à Paris. Marié et père de trois enfants, il avait 34 ans.

Nommé brigadier de police à titre posthume, il reçoit la médaille d'or pour actes de courage et de dévouement, la médaille d'honneur de la police française ainsi que la grande médaille de vermeil de la ville de Paris.

Son nom est inscrit dans le marbre du monument dédié aux policiers victimes du devoir de la cour d'honneur de la Préfecture de police. 

Page réalisée avec l'aimable autorisation de sa famille. 
En 1987, la ville de Paris décide de la création d'une zone d'aménagement concerté dans le quartier de la gare dans le 13ème arrondissement. Les constructions y sont vétustes, et pour certaines inoccupées. Les premiers grands travaux commencent en décembre 1988.

Au 122 rue du Château des Rentiers, la Brigade de recherches et d'investigations financières voit le jour dans des locaux nouvellement bâtis. Dans les bâtiments voisins certains locaux toujours en construction ne sont toujours pas livrés. De fait, des agents de sécurité de la ville de Paris effectuent régulièrement des rondes de nuit et partagent régulièrement le temps et les lieux avec les policiers ayant la charge de surveiller les locaux de la BRIF.

Dans la nuit du mardi eu mercredi 20 Décembre 1989, deux vigiles de la société SGI se présentent à l'entrée de la BRIF, tandis qu'un troisième reste en retrait à l'extérieur.

Lorsque les deux policiers de faction leur ouvrent la porte d'accès aux locaux, ils ne se doutent pas que leurs intentions sont crapuleuses. Après avoir gagné leur confiance, les malfaiteurs parviennent à désarmer l'un des policiers sous la menace d'une arme blanche.

Ils gagnent les ascenseurs avec pour objectif de voler des uniformes et des armes stockées dans l'armurerie. Mais un drame se produit alors que le deuxième policier tente de s'y opposer. L'un des truands tire et atteint mortellement le gardien de la paix Louis Manuel Dias à la tête. Le second policier est retrouvé en état de choc, désarmé.

Dimanche 24 Décembre 1989. Trois individus sont interpellés et mis en examen par le juge d'instruction Malleret pour homicide volontaire sur personne dépositaire de l'autorité publique.

Le principal suspect, Patrice C., vingt-deux ans, est interpellé à Argelès-sur-Mer (Pyrénées orientales) au domicile de ses parents par la brigade criminelle de Paris, assistée de la police judiciaire de Perpignan. Son complice, Florent B., vingt-deux ans, s'est constitué prisonnier la veille au poste de police de la Gare du Nord avec l'une des deux armes dérobées aux policiers. Le troisième suspect, Marceau L., vingt-quatre ans, est arrêté à Cambrai (Nord).

L'enquête permet d'établir que le trio avait prémédité leur méfait, après avoir essuyé une première tentative la veille du drame. La présence d'autres personnes dans les locaux en avait retardé l'exécution. C. est condamné à la réclusion criminelle dite à perpétuité avec une peine de sûreté de 18 ans, B. écope de cinq ans, L. est acquitté.

Sources :
Le Monde du 28/12/1989, "Inculpation de trois vigiles à Paris"