Georges JANVIER

1995 - Le gardien de la paix Georges janvier est abattu alors qu'il intervient sur une rixe entre bandes rivales dans la cité de l'Ariane à Nice. Il avait 32 ans.

Si vous êtes un proche de la victime,
merci de me contacter.
Lundi 2 Janvier 1995. Une importante rixe éclate dans la soirée au coeur de la cité de l'Ariane à Nice (Alpes-Maritimes), quartier en proie à de graves tensions communautaires entre gitans et maghrébins.

Des dizaines d'individus armés recherchent l'affrontement. Lorsque les premiers coups  de feu se font entendre dans la cour des HLM de Saint-Pierre, les riverains affolés alertent la police.

C'est dans ce chaos qu'arrive un premier véhicule de la brigade anti-criminalité. Il fait froid et sombre lorsque deux
policiers expérimentés mettent pieds à terre et se glissent dans la pénombre, munis de leurs brassards et armes aux poings. Un troisième équipier reste à bord de la Renault 19 banalisée.

Une fusillade éclate lorsque les policiers donnent leurs sommations en direction d'un groupe d'individus. Les tirs proviennent des étages d'un bâtiment occasionnant un échange d'une vingtaine de coups de feu. Alors qu'il est sur le point de quitter un abri derrière un véhicule, le gardien de la paix Georges Janvier, trente-deux ans, est atteint très grièvement à la tête par une balle à ailettes. Le même projectile blesse grièvement le gardien de la paix Guy Deshayes, trente-six ans, qui se trouvait à ses côtés.

Le chauffeur resté dans le véhicule d'intervention demande du renfort et le quartier est rapidement cerné par d'importants renforts de police. Le Groupe d'intervention de la police nationale parvient à déloger sept individus localisés et retranchés dans un appartement du bâtiment B6. Des étuis de calibre 12 de fusil à pompe et de pistolet automatique 7.65 jonchent encore les étages et le sol du quartier. Le policier succombe à sa blessure à l'hôpital Saint-Roch vers 1h du matin, le 3 Janvier.

Jeudi 5 Janvier 1995. Les obsèques officielles du gardien de la paix Georges Janvier ont lieu dans un froid glacial en présence du ministre de l'intérieur Charles Pasqua et d'une foule indignée de deux mille personnes. Il est élevé au grade de chevalier de la légion d'honneur, et est nommé officier de paix à titre posthume.

Sept membres de la communauté gitane sont mis en examen pour "association de malfaiteurs" dont deux pour "homicide volontaire et tentatives d'homicides volontaires sur agents de la force publique", le dossier est instruit par le juge Martine Auriol qui confie l'enquête au service régional de la police judiciaire de Nice.

Les policiers concluent que le tueur est Joseph Espinas, vingt-cinq ans. Avouant les tirs avec l'arme du crime, un fusil de chasse retrouvée au cours de la perquisition de l'appartement, il niait cependant avoir voulu tuer un policier. Espinas avait pris position avec son jeune frère de seize ans Jean Espinas depuis un balcon pour guetter l'arrivée de la communauté rivale avec des fusils. Ils se sont défendus d'avoir voulu tirer sur des policiers, prétextant que ceux-ci n'étaient pas clairement identifiés à leur arrivée. Reste que les tirs en direction de personnes pour tuer étaient bien réels et volontaires.

Octobre 1998. Joseph Espinas est condamné à trente ans de réclusion criminelle par la cour d'assises des Alpes Maritimes.


Avril 2009. Une plaque commémorative dédiée à Georges Janvier est installée dans le hall du nouveau commissariat des Moulins, dans le quartier Saint-Augustin.

Vendredi 12 février 2016. La ville de Nice rend un hommage particulier au policier victime du devoir et inaugure une rue à son nom dans le quartier Auvare, proche de la caserne.

Sources :
Journal télévisé du 03/01/1995
JORF n°4 du 5 janvier 1995 page 235, "Citation à l'ordre de la nation"
Libération, article du 04/01/1995, "A Nice, lundi soir, un policier a été tué lors d'une rixe entre jeunes"
Le Monde, article du 04/01/1995, "Un policier tué et un autre blessé lors d'affrontements à la cité de l'Ariane"
Le Monde, article du 06/01/1995, "Le meurtrier du policier niçois mis en examen"
L'Humanité, article du 05/01/1995, "Le meurtrier du policier sous les verrous"
Nice-Matin, article du 14/02/2016, "Le policier [...] tué en 1995, donne son nom à une rue"

Liens similaires