Patrick FILLON

1997 - Le brigadier motocycliste Patrick Fillon est abattu par un dangereux malfaiteur auteurs de plusieurs vols à main armée près de Lyon.

Originaire de Quincieux (Rhône), le Brigadier Patrick Fillon est entré dans la police en 1982. Il était marié à Dominique et père de deux enfants : Damien et Benoît.

Cité à l'ordre de la Nation, il est élevé à titre posthume au grade de Lieutenant de police, et nommé chevalier de la légion d'honneur ; il reçoit la médaille d'or pour acte de courage et de dévouement.
Mercredi 19 février 1997. En milieu d'après-midi, un malfaiteur armé de deux pistolets automatiques exécute en moins de vingt minutes deux braquages dans des établissements bancaires du nord de l'agglomération lyonnaise. Selon le même mode opératoire, il entre à visage découvert, menace les employés avec une arme de poing, et se fait remettre les fonds ainsi que la cassette de surveillance.

Décrit par des témoins comme surexcité, traqué, il vole par car-jacking près d'une dizaine de véhicules pour tenter de masquer sa fuite, en allant jusqu'à faire feu sur leurs occupants.

A 19h05, une automobiliste contacte police-secours et informe l'opérateur qu'elle vient de se faire dérober sous la menace d'une arme son véhicule Peugeot 205. Vers 19h30, alors qu'ils circulent dans le 5ème arrondissement de Lyon (Rhône), deux policiers motocyclistes repèrent le malfaiteur et procèdent au suivi du véhicule volé.

Déterminé à ne pas se laisser prendre, le malfaiteur prend tous les risques au point de s'engager à contresens de circulation sur le Quai Fulchiron, où il finit par s'encastrer dans plusieurs véhicules en stationnement face au n°31 de la voie.

Alors que des passants s'approchent, il n'hésite pas à faire feu en prenant la fuite à pieds. Les motards arrivent alors que le braqueur est sur le point de voler un autre véhicule en circulation ; mais il fait immédiatement feu à une douzaine de reprises sur les policiers.

Le brigadier de police Patrick Fillon, trente-six ans, reçoit trois impacts à la poitrine qui lui sont fatals. Le gardien de la paix Didier Cottin, vingt-neuf ans, est grièvement blessé à l'épaule mais il parvient à neutraliser le forcené avec l'assistance de Pierre-Jean Faure, capitaine à la Brigade de répression des actions violentes domicilié à proximité.

Le forcené est identifié comme étant Jean-Pascal Aldrovandi, trente-deux ans, très défavorablement connu des services de police et qui a la réputation de faire usage des armes qu'il transporte. Déjà condamné à quatre reprises pour des actes de grand banditisme en 1986 et 1993, il était recherché depuis plusieurs mois pour avoir ouvert le feu sur des gendarmes et des douaniers en Gironde. En outre le service régional de la police judiciaire de Montpellier le soupçonne d'avoir fomenté en décembre 1996 un hold-up commis dans l'Hérault, où deux gendarmes ont été blessés par balles. Le soir de la fusillade, on retrouve sur lui 96 grammes de cocaïne.

Originaire de Quincieux (Rhône), le Brigadier Patrick Fillon est entré dans la police en 1982. Il était marié à Dominique et père de deux enfants : Damien et Benoît. Cité à l'ordre de la Nation, il est élevé à titre posthume au grade de Lieutenant de police, et nommé chevalier de la légion d'honneur ; il reçoit la médaille d'or pour acte de courage et de dévouement. Le Capitaine Pierre-Jean Faure et le gardien de la paix Didier Cottin reçoivent la médaille d'argent.

31 Mai 2002. Aldrovandi est condamné en appel à la réclusion criminelle à perpétuité par la Cour d'Assises de Grenoble ; peine assortie d'une mesure de sûreté de quinze ans. Il avait jusque là toujours refusé de comparaître. Il est retrouvé mort dans sa cellule, à Muret (Haute-Garonne) en 2008.

25 Juin 2014. L'espace foyer de l'hôtel de police de Montluc à Lyon est baptisé "Lieutenant Patrick Fillon" et une plaque commémorative y est apposée.

Sources :
JORF n°57 du 8 mars 1997 page 3695, "Citation à l'ordre de la nation"
Société lyonnaise d'histoire de la police - Michel Salager - article complet

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