Serge ROUET

Source AFP, avec l'aimable autorisation de sa famille (Sandrine Lefrançois)
1998 - Le gardien de la paix Serge Rouet est tué par un forcené armé d'un fusil dans un contexte de rixe et de violences intra-familiales. Il avait 30 ans.

Originaire de Rouen (Seine Maritime), il était marié à Nathalie et père d'une petite Emma âgée de deux ans et demi.

Il est décrit par ses proches comme un homme de dialogue, bon et généreux. D'abord engagé dans la police municipale locale, il réussissait le concours de gardien de la paix après quatre années passées au poste du Petit Quevilly.

Affecté en février 1996 au commissariat de Mantes-la-Jolie, il avait à sa demande rejoint l´année suivante l´unité légère de sécurité, s´impliquant de fait dans les missions délicates.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Jeudi 17 Septembre 1998. Un obscur différend encouragé par l'alcool éclate dans l'Impasse François Rabelais à Gargenville (Yvelines) au milieu de trois mobiles-home d'une petite communauté de gitans sédentarisés. Il est 20h.

L'un des résidents, Samuel Lamy, vingt-quatre ans, s'arme d'un fusil Mossberg calibre 12 et tire deux fois en l'air pour décourager des rivaux venus en découdre.

Un voisin intervient et saisit son arme pour l'empêcher de commettre un drame et le raccompagne à son mobile-home.

Mais les coups de feu tirés ont inquiété le voisinage tout entier, et la police est alertée. Deux équipages de police du commissariat de Mantes-La-Jolie (Yvelines) arrivent sur les lieux rapidement, dépourvus d'informations précises. Expérimentés, ils se sont néanmoins munis de leurs gilets par balle.

Les policiers interpellent dans un premier temps le voisin toujours porteur du fusil, et lequel explique difficilement que le propriétaire de l'arme se trouve alors dans un mobile-home à quelques mètres de là, où des hurlements de dispute finissent par les attirer.

Deux policiers se présentent au portail donnant accès aux mobiles-home. Ils progressent lentement à trois mètres de distance l'un de l'autre. Mais Samuel Lamy s'est déjà emparé d'un autre fusil de chasse de marque Armi Sabatti calibre 12, et s'est dissimulé dans une haie de troènes à la proximité immédiate de l'entrée du bungalow en bois.

Le gardien de la paix Serge Rouet est en position de riposte, et son bras gauche est tendu. Lorsqu'il entre dans le champ de vision de Samuel Lamy, ce dernier tire un coup de feu dans sa direction alors qu'il se trouve presque à bout portant. La gerbe de plomb atteint l'aisselle gauche du policier, zone qui n'est pas protégée par son gilet pare-balle. Le projectile sectionne l'aorte du policier, qui agonise aussitôt.

Son équipier riposte dans le même temps à deux reprises et atteint au visage le tireur, lequel parvient tout de même à se réfugier dans le mobile-home de son frère. Des policiers arrivés en renfort fige la situation et obtiennent la reddition du tireur sans plus de heurts. Samuel Lamy présente une blessure à la mâchoire et à la clavicule par balle.

Dans le même temps, une infirmière rentrant de son travail qui a assisté à la scène, décide de porter secours au policier dans l'attente du SAMU, mais il va succomber à ses blessures.

Juillet 2002. La cour d'assises des Yvelines condamne Samuel Lamy a vingt-cinq ans de réclusion criminelle. Il déclarait aux tribunaux qu'il pensait que ses agresseurs revenaient chez lui pour le tuer. Il n'aurait pas identifier les policiers qui s'approchaient, malgré leurs sommations et les insignes réglementaires dont ils étaient porteurs. Il est néanmoins établi qu'il a bien tiré pour tuer. 

Juin 2003. De nouveau jugé en appel aux assises du Val-d'Oise à la suite d'un arrêt cassant la procédure pour vice de forme, Samuel Lamy voit néanmoins sa peine aggravée à vingt-sept ans de réclusion criminelle.

Mars 2005. Suite à un arrêt de la cour de cassation annulant le jugement en appel pour vice de procédure, le meurtrier bénéficiait d'un troisième procès aux assises de Seine-Maritime. Samuel Lamy voyait sa peine de nouveau aggravée à trente ans de réclusion criminelle.


Sources et références :
Journal officiel n°224 du 27/09/1998 page 14752, "Citation à l'ordre de la nation"
Le Parisien du 19/03/2005, "Le meurtrier du policier condamné à trente ans"
Le Parisien du 19/06/2003, "Le meurtrier du policier reste sur ses positions"
Le Parisien du 28/06/2002, "L'accusé reste de marbre"
Le Parisien du 29/06/2002, "25 de réclusion pour le meurtre d'un policier"
Le Parisien du 30/01/1998, "Son gilet pare-balles n'a pas sauvé le policier"
Libération du 19/09/1998, "Un policier tué lors d'une interpellation dans les Yvelines"
Journal télévisé du 18/09/1998 à revoir, reportage sur les lieux et débats.

Liens similaires