mercredi 17 février 1999

Jean CORREIA & Benoît DURAND

1999 - Deux gardiens de la paix de St-Étienne trouvent la mort en poursuivant un véhicule volé sur l'autoroute A47.

Si vous êtes un proche de l'une des victimes, merci de me contacter.
Dans la nuit du mardi au mercredi 17 Février 1999, la brigade anti-criminalité de Saint-Etienne (Loire) est sollicitée sur un vol en train de se commettre dans le centre-ville. A minuit, les malfaiteurs sont effectivement repérés alors qu'ils tentent de forcer un fourgon de La Poste et prennent la fuite à bord d'une Subaru, véhicule de 211 chevaux volé trois jours auparavant.

Les policiers procèdent aussitôt au suivi du véhicule suspect sur l'Autoroute A47 en direction de Lyon. L'artère est particulièrement sinueuse.

A 00h16 précisément, les policiers annoncent pour la dernière fois leur progression rapide à l'opérateur radio en indiquant que les fuyards tentent de les sortir de la route. La transmission est interrompue brutalement.

Venu en renfort, un équipage police retrouve la Renault Laguna V6 de leurs collègues accidentée à hauteur de la commune de La Chabure. Le véhicule a per
cuté les rails de sécurité de la voie rapide et a effectué plusieurs tonneaux avant de s'immobiliser sur le toit. Des trois policiers qui se trouvaient à bord, on découvre le corps sans vie du gardien de la paix Jean Correia, trente-neuf ans. Le gardien de la paix Benoît Durand, vingt-cinq ans, gît à l'arrière très grièvement blessé. Quant au gardien de la paix Philippe Decroix, trente-six ans, conducteur, il souffre d'un traumatisme crânien après avoir été éjecté de l'habitacle. Ces deux derniers sont transportés au CHU de Bellevue.

Jeudi 25 Février 1999. Près de dix mille personnes défilent dans les rues de Saint-Etienne pour rendre hommage à "Jeannot" Correia. Originaire de Tanger (Maroc), il était marié et père d'un enfant. Nommé Lieutenant de police à titre posthume, il est cité à l'Ordre de la Nation et élevé au grade de chevalier de la légion d'honneur.

Les enquêteurs du Service régional de la police judiciaire de Lyon identifient et procèdent à l'interpellation d'une dizaine de membres d'une communauté tsigane. Ils déterminent que le conducteur de la Subaru est un multirécidiviste âgé de trente-sept ans. Parmi les trois autres passagers membres d'une même famille se trouve un mineur de seize ans. A l'exception du mineur, les trois individus impliqués sont mis en examen pour "association de malfaiteurs, homicide volontaire et tentative d'homicide volontaire et placés en détention provisoire".

Lundi 9 octobre 2000. Faute d'éléments prouvant un acte volontaire, le juge Bernard Seuzaret prononce un non-lieu à l'encontre de l'ensemble des individus impliqués dans le décès du gardien de la paix.

Mercredi 27 Mars 2002. Le gardien de la paix Benoît Durand décède à son tour dans l'hôpital où il recevait des soins intensifs depuis quatre ans. Il n'avait que vingt-huit ans et n'était jamais sorti du coma. Entré dans la police en 1993, il était marié et père d'un enfant de cinq ans.

Sources et références :
Journal officiel du 11/04/2002, page 6418, "Citation à l'ordre de la nation"
Journal officiel du 27/02/1999, page 3040, "Citation à l'ordre de la nation"
Le Parisien, article du 30/03/2002, "Brèves de l'actualité"
Le Télégramme, article du 26/02/1999, "Policier tué: marche silencieuse à St-Etienne"
Le Télégramme, article du 18/02/1999, "Un policier tué dans une course poursuite"
Le Monde, article du 27/02/1999, "Une marche silencieuse en mémoire du policier mort à St-Etienne"
Le Monde, article du 26/02/1999, "Six personnes en garde-à-vue après la mort d'un policier"
Le Monde, article du 18/02/1999, "Un policier tué au cours d'une course-poursuite dans la Loire"

2 commentaires:

  1. Ils étaient mes amis et Benoit entamait sa cinquième nuit à la BAC, étant auparavant avec moi, à la Brigade de nuit. Un brave garçon, joviale, que j'appréciais beaucoup tout comme Jeannot, avec qui je partageais un lien de fraternité, étant tous deux Pieds noirs !

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    1. Merci pour ce témoignage très personnel qui ravive la mémoire. Amitiés.

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