mercredi 20 décembre 2000

Stéphan BAUMONT

2000 - Le brigadier Stéphan Baumont est blessé mortellement par un tir transfixiant déclenché en légitime défense par l'un de ses collègues, au cours de l'interpellation de dangereux malfaiteurs au péage de Roquemaure.

Avec l'aimable autorisation de sa famille.
Mercredi 20 Décembre 2000. Un dispositif de surveillance organisé par des policiers du Service régional de la police judiciaire de l'Hérault permet de surprendre une livraison de stupéfiants près de la commune de Béziers (Hérault).

Les policiers circulent à présent sur l'A9, et procèdent à une filature de deux figures du banditisme qui viennent d'effectuer la transaction. Le conducteur, Robert Fine, cinquante-et-un ans, et Guy Franco, cinquante-deux ans, sont connus des services de police pour plusieurs vols qualifiés effectués avec une extrême violence : une association de malfaiteurs impliqués dans des réseaux de trafics de stupéfiants et de machines à sous.

Mais ces derniers ont semble-t-il repéré les policiers. Vers 15h15, leur Peugeot 605 blanche arrive à hauteur du péage de Roquemaure (Gard). Les membres du SRPJ ont déjà décidé que l'interpellation y aura lieue. Ceinturés par deux véhicules de police banalisés, les truands feignent de se rendre, puis le conducteur redémarre brutalement en percutant violemment d'avant en arrière les véhicules administratifs. Il est sur le point de faucher un officier de police de l'antenne judiciaire d'Avignon lorsque ce dernier déclenche cinq tirs avec son arme de service, avant d'être renversé et très grièvement blessé à une jambe. Les malfaiteurs prennent la fuite.

Lors des tirs, le brigadier de police Stéphan Baumont de l'antenne judiciaire de Montpellier tentait malheureusement au même instant de couper le contact de la 605, se trouvant de fait toujours dans l'axe des tirs lorsque ces derniers étaient déclenchés. Atteint à la tête par un projectile transfixiant, il est héliporté au Centre de neurochirurgie de l'hôpital de Montpellier, où il décède le lendemain.

Lundi 25 Décembre 2000. Les obsèques officielles du brigadier Stéphan Baumont sont célébrées dans l'enceinte de l'hôtel de police de Montpellier. Âgé de quarante-deux ans, il était marié et avait deux fils : Benjamin et Julien. Nommé Capitaine de police à titre posthume et cité à l'ordre de la nation, il repose désormais à Jacou (Hérault).

Les enquêteurs retrouvent la voiture des trafiquants à quelques kilomètres du péage. Elle présente plusieurs impacts de balles et des traces de sang. L'important dispositif d'investigations n'a pas permis de retrouver la trace des deux fuyards.

Vendredi 5 Janvier 2001. Les policiers de l'office central de répression du banditisme (OCRB) et de la brigade de recherche et d'intervention (BRI) de Nice, rattachée au SRPJ de Marseille localisent et interpellent les deux malfaiteurs en cavale dans le Vaucluse.

Mercredi 15 décembre 2004. La cour d'assises de l'Hérault condamne Robert Fine à dix-sept ans de réclusion criminelle pour pour la seule « tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l'autorité publique ».

Sources :
Journal Officiel n°4 du 5 janvier 2001 page 231, "Citation à l'ordre de la nation"
Le Dauphiné Libéré du 28/12/2000, "Le policier tué tentait de couper le contact du véhicule des malfaiteurs"
Le Parisien du 27/12/2000, "Le policier de Montpellier tué par un collègue de Nîmes"
Le Dauphiné Libéré du 30/12/2000, "Le policier a été tué par son collègue blessé"
Le Parisien du 06/01/2001, "Les deux fuyards de Roquemaure interpellés à Avignon"

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