lundi 8 janvier 2001

Hervé PRIOR & Patrick RIGAUD

2001 - Deux gardiens de la paix sont froidement abattus par un individu faisant l'objet d'un mandat d'arrêt international à Narbonne.
En Janvier 1993, un assureur au chomâge, Albert Foulcher, quarante-deux ans, abat André Meffray, soixante-quatre ans. Impulsif, il accusait ce dernier, assureur à la retraite, de lui avoir cédé une affaire dont il aurait détourné la clientèle et qui  périclitait depuis.

Pendant ses trois ans de détention provisoire, Foulcher clame vigoureusement son innocence. Isabelle Suzic, sa compagne, lui fournit un alibi providentiel et un juge le place alors sous contrôle judiciaire dans l'attente de son procès. Mais il choisit tout simplement ne pas s'y présenter, et entame une longue cavale.

En Mars 2000, il est condamné par contumace à la réclusion criminelle dite à perpétuité et fait l'objet d'un mandat d'arrêt international. Foulcher se fait oublier, et se réfugie chez sa compagne d'où il ne sort que la nuit.

Lundi 8 Janvier 2001. Déterminé à régler ses comptes, Albert Foulcher se rend à Narbonne (Aude) au domicile de Pascal Herrero lequel a témoigné à charge. Ce dernier vit avec son épouse Danièle au "Domaine Saint-Marcellin" situé chemin de Bougna. Sur place, un violent différend éclate entre les deux hommes. Mme Herrero, restée en retrait, fait appel à police-secours.

Pensant intervenir sur une mission de routine, les gardiens de la paix Hervé Prior et Patrick Rigaud se rendent sur les lieux sans précaution particulière. Lorsque le véhicule sérigraphié se stationne dans le domaine, il est déjà trop tard. Les deux policiers sont victimes de tirs du pistolet mitrailleur que Foulcher s'est procuré de manière préméditée. Ces derniers sont atteints mortellement alors qu'ils se trouvent toujours assis dans leur véhicule d'intervention, désormais criblé par dix-neuf impacts de balles. Foulcher exécute froidement Pascal Herrero avant de prendre la fuite.

Le meurtrier se rend désormais dans le cabinet d'assurances appartenant à Maurice Michaud, lequel a également témoigné à charge. Foulcher oblige ce dernier a quitté son agence et tous deux prennent le chemin de la Capoulade, sur la route de Coursan (Aude). Au milieu d'un champ Foulcher exécute Maurice Michaud de quatre balles. Il abandonne le corps et prend de nouveau la fuite.

Le Plan épervier est déclenché. Toutes les forces de l'ordre disponibles se lancent à la poursuite du tueur, qui plonge la région dans la peur. Après avoir franchi l'Aude sur le « pont à sel », Foulcher force un barrage de gendarmerie à Valras (Hérault), n'hésitant pas à tirer.

Vendredi 12 Janvier 2001. Les obsèques officielles des deux policiers tués sont célébrées à la cathédrale Saint-Just de Narbonne devant une foule nombreuse de personnes indignées.

Mercredi 17 Janvier 2001. Les enquêteurs du SRPJ décident de placer sous surveillance tous les domiciles de la famille et les proches de l'ex-assureur. C'est dans ce cadre qu'une équipe de la police judiciaire de Montpellier se rend au domicile d'Isabelle Suzic, sa compagne, au 4ème étage du 16 Rue Bernard-Dauriac.

Vers 1h30 du matin, les policiers sont accueillis dans la cage d'escaliers par une rafale de pistolet automatique. Sept impacts seront relevés. Le quartier est bouclé. Lorsque le RAID donne l'assaut à 2h40, il découvre le corps d'Albert Foulcher dans une mare de sang. Ce dernier s'est donné la mort, ce qui entraine par la même la fin de l'action publique.
Le gardien de la paix Hervé Prior, quarante ans, était marié et père de trois enfants : Anne, Jean-Baptiste et Paul.

Entré dans la Police en 1982 en Compagnie Républicaine de Sécurité, il rejoignait en 1990 la circonscription de sécurité publique de Carcassonne puis celle de Narbonne en 1994.

Il repose désormais au cimetière de Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse.
Le gardien de la paix Patrick Rigaud, quarante-cinq ans, était marié et père de Virginie et Delphine.

Entré dans la Police en 1977 en Compagnie républicaine de sécurité, il rejoignait en 1980 la circonscription de sécurité publique de Marseille (Bouches-du-Rhône) pendant quinze ans avant d'être muté à sa demande dans sa région natale, à Narbonne où il exerçait depuis cinq ans.

Il repose désormais au cimetière de Lagrasse.


Sources :
Journal officiel n°15 du 18 janvier 2001 page 960, "Citations à l'ordre de la nation" 
Déclaration du 12/01/2001 de M. Daniel Vaillant, ministre de l'intérieur

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