Hervé PRIOR & Patrick RIGAUD

2001 - Deux gardiens de la paix sont froidement abattus par un individu faisant l'objet d'un mandat d'arrêt international à Narbonne.
Le sous-brigadier Hervé Prior, quarante ans, était marié et père de trois enfants : Anne, Jean-Baptiste et Paul.

Né le 9 mars 1960 à Lézignan-Corbières (Aude). Entré dans la Police en 1982 en Compagnie Républicaine de Sécurité, il rejoignait en 1990 la circonscription de sécurité publique de Carcassonne puis celle de Narbonne en 1994.

Nommé Lieutenant de police et élevé au grade de chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume. Médaille d'Or des actes de courage et de dévouement.

Il repose désormais au cimetière de Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse.

Lundi 8 Janvier 2001. Un équipage de police-secours constitué de deux gardiens de la paix est sollicité pour un différend entre particuliers au domaine Saint-Marcellin, situé sur le Chemin de Bougna à Narbonne (Aude). Dépourvus de renseignements explicites et déterminants, les agents ignorent que l'un des protagonistes est un dangereux fugitif recherché par l'autorité judiciaire et qu'il est lourdement armé.

Le malfaiteur, Albert Foulcher, quarante-deux ans, est un impulsif imprévisible recherché dans le cadre d'un assassinat commis en 1993 à Pailhès. Foulcher, alors agent d'assurance, a abattu un concurrent qu'il accusait de lui avoir cédé une affaire dont il aurait détourné la clientèle, et qui périclitait depuis.

Pendant ses trois ans de détention provisoire, Foulcher clame son innocence. Il obtient alors un alibi providentiel d'une maitresse, Isabelle Susic, avec laquelle il a un enfant au cours de ses entretiens de parloir. En octobre 1996, un juge le place sous contrôle judiciaire dans l'attente de son procès. Soupçonné d'avoir participé à un vol à main armée à Aurillac, après sa garde-à-vue, il décide de partir en cavale le 16 janvier 2000 et choisit consécutivement ne pas se présenter au procès devant survenir le mois suivant.

En mars 2000, condamné par contumace à la réclusion criminelle dite à perpétuité par la cour d'asssises de l'Hérault, il fait alors l'objet d'un mandat d'arrêt international. Foulcher se réfugie en Espagne où sa trace se perd.

Cependant déterminé à régler ses comptes, Foulcher décide de se rendre au domicile de Pascal Herrero, quarante-cinq ans, lequel a témoigné à charge dans le cadre de l'assassinat de 1993. C'est dans ce contexte que les sous-brigadiers Hervé Prior et Patrick Rigaud se rendent sur les lieux, requis par Danièle Herrero qui se trouvait être une ancienne maitresse de Foulcher. Lorsque leur véhicule sérigraphié se stationne dans le domaine, il est déjà trop tard. Habitué des stands de tir, Foulcher arme un pistolet-mitrailleur de type Uzi dont il s'était préalablement équipé, et fait feu aussitôt sur les policiers.

Les deux agents sont abattus alors qu'ils se trouvent toujours assis dans leur véhicule d'intervention, désormais criblé par dix-neuf impacts de balles. Foulcher exécute froidement M. Herrero avant de prendre la fuite à bord d'une Volkswagen Golf rouge dérobée quelques jours plus tôt à Béziers.

Le sous-brigadier Patrick Rigaud, quarante-cinq ans, était marié et père de Virginie et Delphine.

Né le 31 octobre 1955 à Carcassonne (Aude). Entré dans la Police en 1977 en Compagnie républicaine de sécurité, il rejoignait en 1980 la circonscription de sécurité publique de Marseille (Bouches-du-Rhône) pendant quinze ans avant d'être muté à sa demande dans sa région natale, à Narbonne où il exerçait depuis cinq ans.

Nommé Lieutenant de police et élevé au grade de chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume. Médaille d'Or des actes de courage et de dévouement.

Il repose désormais au cimetière de Lagrasse.
Poursuivant son périple meutrier, Foulcher se rend désormais dans le centre-ville, dans le cabinet d'assurances appartenant à un autre témoin à charge. Foulcher oblige ce dernier a quitté son agence et tous deux prennent le chemin de la Capoulade, sur la route de Coursan, à bord de la Mercedes cabriolet de la victime. Après une brève explication, au milieu d'un champ, Foulcher exécute Maurice Michaud, cinquante-deux ans. Il abandonne le corps et prend de nouveau la fuite.

Le plan épervier est déclenché ; toutes les forces de l'ordre disponibles se lancent à la poursuite du tueur, qui plonge la région dans la peur. Après avoir franchi l'Aude sur le « pont à sel », Foulcher force un barrage de gendarmerie à Valras où il n'hésite pas à tirer.

Le 12,  les obsèques officielles des gardiens de la paix Prior et Rigaud sont célébrées à la cathédrale Saint-Just de Narbonne devant une foule nombreuse de personnes indignées.

Le 16, l'office central pour la répression du bandistime interpelle dans le 17e arrdt de Paris Isabelle Susic alors qu'elle est accompagnée de leur fille âgée de cinq ans. Confiée à la sous-direction des affaires criminelles de la direction centrale de la police judiciaire, les enquêteurs aquièrent la certitude que Foulcher se cache depuis peu dans l'appartement de sa maitresse à Béziers.

Dans la nuit du 16 au 17 janvier, c'est dans ce cadre que des enquêteurs du service régional de la police judiciaire de Montpellier se rend au domicile de Susic, au 4ème étage du 16 Rue Bernard-Dauriac, quartier de La Grangette à Béziers.

Vers une heure et demie du matin, les policiers qui effectuaient une reconnaissance dans la cage d'escaliers de l'immeuble sont accueillis par des tirs d'arme automatique à travers la porte palière et doivent se replier.

Le quartier est bouclé lorsque vers dix heures et demie du matin, une unité du RAID investit l'appartement ; les intervenants découvrent le corps sans vie de Fouclher dans une mare de sang. Ce dernier s'est donné la mort, ce qui entraine par la même la fin de l'action publique.

Isabelle Susic, quarante-quatre ans, est incarcérée pour recel de malfaiteur le 18 janvier à la prison Saint-Michel de Toulouse, puis libérée le 29 mars sur décision de la chambre d'instruction.

Sources et références :
JORF n°101 du 29 avril 2001, décret portant nominations au grade de chevalier de la légion d'honneur
JORF n°15 du 18 janvier 2001, page 960, "Citations à l'ordre de la nation" 
L'Observateur du 17/01/2001, "Albert Foulcher retrouvé mort"
Libération du 17/01/2001, "Foulcher, la chute et l'amertume"
Le Dépêche du Midi du 13/01/2001, "Ultime hommage aux policiers assassinés"
La Dépêche du Midi du 09/01/2001, "La sanglante vengeance de l'assureur en cavale"
Déclaration du 12/01/2001 de M. Daniel Vaillant, ministre de l'intérieur

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