Charles DROUAT

2001 - Le brigadier Charles Drouat est atteint mortellement par un "tir ami" au cours d'une interpellation très difficile de dealers surpris en flagrant délit.

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Mercredi 9 Mai 2001. Trois policiers de la Brigade anti-criminalité de Pointe à Pitre (Guadeloupe)  surprennent un flagrant délit de cession de produits stupéfiants dans le bidonville de Boissard aux Abymes. Il est question d'interpeller Olivier Guadeloupe, dealer de crack notoire, au milieu d'une bande d'une dizaine d'individus. Il est 14h30 environ.

Regroupés sur le terrain Sonis, ces derniers opposent alors une résistance physique contre les policiers. Un attroupement hostile se forme rapidement et très vite la situation devient incontrôlable.

L'un des malfaiteurs lâche son chien de première catégorie et lui ordonne d'attaquer les policiers. Un brigadier fait feu à trois reprises en direction du molosse. Un projectile ricoche et vient blesser le dealer à la mâchoire la même balle atteint mortellement la poitrine du brigadier Charles Drouat, quarante-six ans.

Le véhicule de police est incendié et le corps du malheureux policier est fouillé, certaines de ses affaires personnelles sont volées selon les propres constatations du Procureur de la république Patrick Vogt qui souligne la violence de l'intervention.

L'enquête est confiée au service régional de la police judiciaire de Pointe-à-Pitre. Des sept individus placés en garde à vue, seul Olivier Guadeloupe alias "Ti Gwadloup", est mis en examen pour "violences volontaires avec arme par destination ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Il est incarcéré en milieu libre au Centre hospitalier de Pointe-à-Pitre.

Le 23 Mai, à l'issue de débats contradictoires, réfutant le chef d'accusation, la chambre d'instruction de Basse-Terre décide de la remise en liberté d'Olivier Guadeloupe. Il fait néanmoins l'objet d'un mandat d'amener émis par un juge de Cayenne (Guyane) dans le cadre de plusieurs affaires de trafics de stupéfiants.

Le 31 Mai, Olivier Guadeloupe, dont l'interpellation mouvementée est à l'origine de la mort du brigadier Drouat, est définitivement libéré à l'issue de sa comparution devant le juge.

Le brigadier Charles Drouat, surnommé « Charly » était marié à Sophy Garnier, et père de sept enfants. Entré dans la police en mars 1979, formé à l'école des gardiens de la paix de Paris, il fût affecté au commissariat du XVe arrondissement de la capitale en mars 1980. En 1985, il a rejoint la police aux frontières de Saint-Martin avant d'être nommé à Pointe-à-Pitre, en 1988. Il avait été affecté à la Bac en 1998.

Au cours de sa carrière, il avait reçu un grand nombre de lettres de félicitations, ainsi que la médaille de bronze pour actes de courage et de dévouement en juin 2000. Il avait été blessé en service à cinq reprises : en septembre 1983, juin 1986, 25 juin 1999, le 30 août 2000 et, quelques mois avant sa mort, le 19 janvier 2001.

Le brigadier Charles Drouat est nommé Capitaine de police à titre posthume et cité à l'ordre de la nation. Il est élevé au grade de chevalier de la Légion d'honneur et reçoit la médaille d'or pour acte de bravoure et de dévouement. Il laisse l'image d'un policier efficace, dynamique, très motivé et doté d'un grand esprit de générosité.

En Mai 2012, le cadet de la fratrie, Luidgy, 15 ans, déposait une gerbe de fleurs au pied de la stèle qui porte désormais son nom dans la cour d'honneur lors de la cérémonie annuelle des policiers victimes du devoir.


Sources:
JORF n°116 du 19 mai 2001 page 8025, "Citation à l'ordre de la nation"
Infos Guadeloupe du 13/05/2001, "hommage au policier abattu"
Infos Guadeloupe du 23/05/2001, "Ty Gwadloup victime d'un malaise"
Infos Guadeloupe du 01/06/2001, "Ty Gwadloup de nouveau libéré"
France-Antilles Guadeloupe - 11/05/2012 

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