Aurélien DANCELME


2009 - Le gardien de la paix Aurélien Dancelme est tué alors qu'il enquête sur un réseau d’extorsion de fonds dans le milieu tamoul à La Courneuve. Âgé de 33 ans il était père de deux enfants.
Samedi 21 Février 2009. Le gardien de la paix Aurélien Dancelme, enquêteur à la sûreté urbaine de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) se rend en dehors de ses heures de service dans le quartier des Quatre-Routes où réside une communauté tamoule forte de 75.000 habitants.
 

Il est en charge d'une enquête qui avance difficilement sur des "marchands de sommeil" dans un milieu où plusieurs bandes organisées se partagent le territoire. Les Tigres tamouls (mouvement séparatiste du Sri Lanka) sont notoirement connus pour extorquer en masse la communauté installée à l'étranger et envoyer une partie de "l'impôt" jusqu'au Sri Lanka.

Alors qu'il se trouve à l'angle de la Rue Maurice Bureau et de l'Avenue Jean Jaurès, le policier assiste à une rixe et décide de s'interposer en déclinant sa qualité. Mais il se retrouve encerclé, acculé et roué de coups. Il exhibe son arme de service et tire à plusieurs reprises en l'air en espérant faire fuir ses agresseurs. En vain.

Le policier est retrouvé mort sur le trottoir, atteint par deux projectiles dans la tête et deux au thorax, tirés avec sa propre arme de service. Quatorze douilles sont retrouvées au sol. Son arme est retrouvée dissimulée dans un local à poubelles à proximité.

Le gardien de la paix Aurélien Dancelme, trente-trois ans, divorcé, père de deux enfants était policier 24h/24 ; il y laissera sa vie sur un trottoir de Seine Saint-Denis, victime du devoir.

L'enquête établit que Rajeswaran Paskaran, trente ans, est le meurtrier : il donne des aveux circonstanciés. Une employée du service de l'urbanisme confirme à la brigade criminelle que le policier procédait à des vérifications dans le cadre son enquête, et que les assaillants connaissaient sa qualité de policier.

Samedi 29 Octobre 2011. La cour d'assises de Bobigny condamne Rajeswaran Paskaran à 20 ans de réclusion criminelle pour "homicide volontaire aggravé". Sivan Sivatharan est condamné au motif de "violences volontaires aggravées" à cinq ans de prison. La complicité de meurtre n'a pu lui être imputée faute de preuve suffisante, ce dernier aurait effectivement incité Paskaran a tiré. Tarsen et Rami Siwasothy, et Robi Rajakumaran étaient, eux, poursuivis pour les seules violences qui avaient précédées le tir fatal. Rami a été acquitté, Robi a été condamné à deux ans et Tarsen à cinq ans de prison. La parquet général a fait appel de toutes les décisions.

Jeudi 22 Décembre 2011. Tarsen Siwasothy et Robi Rajakumaran sont libérés par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris pour vice de procédure.

Mercredi 16 Septembre 2015.  La chambre de l'instruction d'Evry juge irraisonnable le délai d'audiencement de l'appel de la peine infligée au meurtrier du policier et décide de sa libération anticipée dans l'attente de son procès devant avoir lieu à la cour d'assises de l'Essonne. Rajeswaran Paskaran sort donc libre de la prison de Réau (Seine-et-Marne) malgré sa condamnation à 20 ans de réclusion criminelle en 2011 !

Mercredi 15 Juin 2016. La cour d'assises d'Evry rejuge en appel Paskaran et le condamne à quinze ans de réclusion criminelle. Une peine amoindrie de cinq ans.

Source et références  :
Le Monde du 22/02/2009, "Six arrestations après le meurtre d'un policier"
Le Parisien du 23/02/2009, "Policier tué à La Courneuve, un suspect avoue avoir tiré"
Le Parisien du 25/10/2011, "C'était un policier fougueux mais pas impulsif"
Le Parisien du 16/09/2015, "le meurtrier du policier libéré avant un second procès"
Le Parisien du 15/06/2016, "Le meurtrier du policier condamné à 15 ans en appel"

Liens similaires