dimanche 27 décembre 2009

Patrice POINT

2009 - Le major Patrice Point est fauché
volontairement par un malfaiteur surpris
sur la scène d'un cambriolage. Il avait cinquante-et-un ans.

Originaire de Moselle, il était marié à Annelyse et père de famille. Très apprécié pour son amabilité, il était un sportif accompli, féru de course à pied, et passionné par la pêche. Investi dans le monde associatif, il était également le président de l'association sportive des policiers du Val d'Europe.

Entré dans l'administration en 1980, à l'école de police de Sens, il débute sa carrière à la préfecture de police de Paris à la compagnie de garde et des services.

En 1989, il rejoint la compagnie départementale d'intervention du Val-de-Marne où il restera jusqu'à sa promotion au grade de brigadier de police,  le 1er juin 1991 au commissariat de Neuilly-sur-Marne, où il exercera pendant 9 ans sur la voie publique. En 2004, il est nommé brigadier-chef au commissariat de Chessy puis major le dès 2007.

Au cours de cette belle carrière, Patrice Point se distingue à deux reprises par son courage, son professionnalisme et son sens du devoir.

Le 25 juillet 1986, il tente de procéder au sauvetage d'un désespéré qui s'était jeté dans la Seine. Ce geste lui vaut de recevoir la médaille de bronze pour actes de courage et de dévouement.

Le 17 avril 2004, il participe à l'arrestation, en flagrant délit, d'un auteur de vol avec violences volontaires par arme blanche. Blessé à la main gauche au cours de cette intervention, il subit un arrêt de travail de 21 jours.

Patrice Point était marié à Annelyse et était le père de Sébastien, qui a choisi la même voie professionnelle.

Il est nommé Commandant de police à titre posthume, et reçoit la médaille d'honneur de la police, la médaille d'or pour actes de courage et de dévouement. Il est cité à l'ordre de la nation.

En Juillet 2012, la commune de Montévrain inaugure une rue à son nom.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Dimanche 27 Décembre 2009. Il est midi lorsqu'un riverain vigilant domicilié Rue des Rabouts à Montévrain (Seine et Marne) aperçoit deux individus suspects cagoulés et gantés en train de fracturer la maison de leurs voisins, au N°41, et prévient police-secours. Deux équipages de police du commissariat de Chessy se rendent rapidement sur place et progressent discrètement dans la propriété.

Ils surprennent aussitôt deux malfaiteurs sur le point de quitter les lieux à bord du 4x4 Range Rover dérobé dans le garage. Sans aucune hésitation, le conducteur accélère volontairement en direction de deux policiers qui se sont mis en opposition.

Le major Patrice Point est écrasé contre le mur dans la descente du garage, grièvement blessé au bassin et aux jambes. Ses équipiers ouvrent le feu à plusieurs reprises sur le véhicule qui finit sa course dans le portail d'un pavillon faisant face. Le conducteur s'acharne a effectué de vives manoeuvres et parvient à fuir la scène de crime. Trente trois coups de feu ont été tirés par les autres intervenants. Le véhicule volé Range Rover est retrouvé peu de temps après les faits entièrement calciné dans le Bois de Chigny situé entre Montévrain et Lagny-sur-Marne.

Mercredi 30 Décembre 2009. Malgré trois jours de soins intensifs, le major Patrice Point, cinquante-et-un ans, décède à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) où il avait été transporté par hélicoptère et admis dans "un état très critique".

Mercredi 6 Janvier 2010. Les obsèques du Major Point ont lieu à Chessy en présence de nombreux officiels et d'une foule de personnes indignées.

Une information judiciaire est ouverte par le parquet de Meaux pour homicide volontaire ; l'enquête est confiée au SRPJ de Versailles qui identifie rapidement James et Jason Bottier, deux cousins originaires d'une communauté de gitans sédentarisés sur la commune de Villevaudé (Seine-et-Marne), et bien connus des services de police pour des attaques à la voiture bélier.

Samedi 13 Février 2010. Jason Bottier est interpellé par la Brigade de recherche et d’intervention alors qu'il regagne en train la région parisienne depuis Nancy où il s'était réfugié, pour rejoindre sa petite amie à Villevaudé.

Mercredi 22 Septembre 2010. James Bottier est interpellé par la Brigade de recherche et d'intervention dans un camp de gitans rattaché à la commune de Montaigu, alors qu'il tente de renouer contact avec sa famille. Identifié durant sa cavale comme un membre actif d'une association de malfaiteurs itinérante "d'arracheurs de coffres" par l’Office centrale de lutte contre la criminalité organisée, il est soupçonné d'être le conducteur du 4x4 lors du crime.

Vendredi 18 Novembre 2010. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris remet en liberté sous contrôle judiciaire Jason Bottier alors que la reconstitution des faits n'avait toujours pas eu lieue. Il obtiendra un non-lieu en Avril 2013.

Jeudi 19 Juin 2014. La cour d'assises de Seine-et-Marne condamne James Bottier trente ans de réclusion criminelle. Peine prononcée au terme de quatre heures de délibérés et d'une réquisition conforme à la demande de l'avocat général.

Vendredi 9 Septembre 2016. Jugé en appel par la cour d'assises de Seine-Saint-Denis, James Bottier est condamné à vingt-cinq ans de réclusion criminelle. Il avouait en audience être le conducteur du véhicule avec lequel le major Point a été écrasé, tout en écartant la volonté de le tuer.


Sources et références :
Journal officiel N°5 du 7 janvier 2010 page 394, texte n° 49, "Citation à l'ordre de la nation"
Ministère de l'intérieur - cérémonie d'obsèques du 06/01/2010
Le Journal du Dimanche du 17/10/2010, "La longue traque des arracheurs de coffres"
Le Parisien du 19/06/2014, "Trente ans de réclusion pour le meurtrier du Major de police Patrice Point"
Le Parisien du 25/06/2014, "Assises : James Bottier a fait appel"

France-info du 09/09/2016, "James Bottier condamné à 25 ans en appel"

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