René CANTO

1996 - Le capitaine de police René Canto est abattu par deux malfaiteurs fichés au grand banditisme corse au cours d'une filature dans les hauteurs d'Ajaccio.

Né le 31 août 1960 à Oran (Algérie) ; marié, père de deux enfants. 13 ans de services civils et militaires.

Surnommé le "chevalier blanc", il est décrit par ses proches et collègues comme un formidable amuseur, plein d'énergie et enthousiaste. Il se révélait également un excellent chef d'équipe.

Cité à l'ordre de la nation parue au  JORF n°116 du 19 mai 1996 page 7566.

Nommé commissaire de police à titre posthume.

Chevalier de la Légion d'Honneur par décret du 12 juin 1996 parue au JORF n°138 du 15 juin 1996 page 8913.

Inhumé au cimetière de Béziers.
En mars 1996, un détachement d'une quinzaine de policiers du RAID (Recherche, assistance, intervention et dissuasion) travaille en appui de la police judiciaire à la surveillance des mouvances nationalistes corses, alors en proie à des luttes intestines. Près de quarante individus ont effectivement trouvé la mort dans une série de règlements de comptes à l'arme de guerre entre insulaires.

Mardi 16 avril 1996. Neuf policiers en civils, circulant à bord de trois véhicules banalisés, procèdent à la filature d'un véhicule Toyota sur le Chemin de Loretto dans les hauteurs d'Ajaccio (Corse-du-sud). La Toyota est montée par deux activistes membres du canal historique du Front de Libération Nationale Corse : Jean-Luc Orsoni, vingt-huit ans, et Charles Santoni, trente-trois ans.

Les policiers agissent sur commission rogatoire dans le cadre d'une tentative d'assassinat commis le 8 mars 1996 contre Yves Manunta, militant d'une branche nationaliste dissidente. Santoni serait impliqué. Ordre est donné aux policiers de procéder à l'interpellation des deux individus, mais ces derniers les repèrent. Dans une courbe, les deux malfaiteurs porteurs de gilets par balle et lourdement armés stoppent leur véhicule et choisissent d'attendre leurs poursuivants. Il est 19h15.

Une intense fusillade éclate. Dans la Renault Clio banalisée, le Capitaine de police René Canto, en position de chef de bord, est atteint mortellement par trois projectiles. A ses côtés, le gardien de la paix Louis Garcia est grièvement atteint au ventre. Le brigadier-chef Paul-André Courtine s'extirpe de l'arrière du véhicule de police et abat Orsoni tandis que Santoni est blessé et neutralisé. Trente huit coups de feu ont été tirés en quelques instants.

Le 18 avril, une cérémonie est organisée autour du corps du Capitaine Canto à l'aéroport de Campo Dell'Oro en présence de nombreux officiels et de ses proches collègues. Le RAID est remplacé sur le terrain par des policiers de l'Office Central de Répression du Banditisme et l'enquête confiée à la Police judiciaire d'Ajaccio ainsi qu'à la 14ème section anti-terroriste du parquet de Paris.

Le 25 novembre 1999, la cour d'assises spéciale de Paris condamne Santoni a vingt-huit ans de réclusion criminelle. Libérable en juillet 2019, sa détention a été rallongée par une nouvelle condamnation à six mois de prison ferme, en octobre 2017, par la cour d'appel de Bastia pour des menaces de mort sur une conseillère du service pénitentiaire d'insertion et de probation du centre pénitentiaire de Borgo. Il est finalement libéré le 17 décembre 2019.

Sources et références :
Journal officiel n°116 du 19 mai 1996 page 7566, "Citation à l'ordre de la nation"
Journal officiel n°138 du 15 juin 1996 page 8913 , "Ordre de la légion d'honneur, décret portant nomination"
La Provence du 18/12/2019, "Corse: le plus ancien détenu nationaliste libéré"
Le Monde, article de Acacio Pereira du 29/11/1999, "Le procès du nationaliste corse Charles Santoni [...]"
Libération du 13/02/1998 , "Mon fils, le capitaine René Canto, policier du RAID [...]"
Libération du 23/11/1999 , "En 1996, un policier du Raid était tué à Ajaccio. Santoni, un Corse au box"
Libération du 26/11/1999 , "Meurtrier d'un policier, Santoni condamné à 28 ans [...]"
"Le jour où j'ai tué HB" - Daniel Boulanger, de l'Académie Goncourt éd.2007