Léon BOUTEILLER

1925 - Le gardien de la paix cycliste Léon Bouteiller décède des suites d'une grave blessure par arme blanche reçue dans le contexte d'un maintien de l'ordre entourant la fête du travail 1923.

Né le 7 août 1897 à Fayl-Billot (Haute-Marne). Marié, père d'un enfant.  Domicilié 9 rue Frédéric-Bastia, Paris 8e.

Entré dans l'administration le 10 février 1920 après une période de services aux armées comme engagé volontaire dans la campagne contre l'Allemagne du 20 janvier 1916 au 22 septembre 1919 au 1er régiment de zouaves. Evacué malade le 1er septembre 1917 puis blessé au combat par éclat d'obus le 21 août 1918.

Médaille vermeil des actes de courage et de dévouement décernée le 29/05/1923.

Citation à l'ordre de la nation parue au JORF du 09/07/1925.
Mardi 1er mai 1923. Dans le cadre des mouvements sociaux de la fête du travail, deux meetings réunissant les syndicats unitaires se tenaient dans le quartier de l'Hôpital-Saint-Louis à Paris, avant la constitution d'un cortège. La sortie du premier s'effectue sans incident par la rue Mathurin-Moreau tandis que près de mille huit cents manifestants exaltés quittent le second par la rue de la Grange-Aux-Belles au chant de l'Internationale.

Sous les ordres de MM. Lacroix et Rebut, commissaires des 10e et 19e arrdts, un service d'ordre constitué de gardiens de la paix et de gardes à pied est établi aux abords deux salles. La garde à cheval se tenant en réserve.

Alors que les deux cortèges se rejoignent à l'intersection des rues des Ecluses-Saint-Martin et Juliette-Dodu, une section d'agents cyclistes du 10e arrdt se retrouve isolée et prise immédiatement à partie. Les agents Thivolet, Desesquelle et Roger sont lynchés par la foule. L'agent Bouteiller, qui tente de repousser des assaillants, est frappé dans le dos par un émeutier armé d'un couteau. Il s'écroule agonisant ; d'autres individus en profitent pour venir le fouler aux pieds.

Une charge repousse l'ensemble des manifestants en direction du 11e arrdt. Plusieurs d'entre eux cassent un grand nombre de grilles entourant les arbres de la rue Claude-Vellefaux dont les débris sont destinés a être projetés en direction des forces de l'ordre. Trois tramways de la ligne Bobigny-Les Halles sont détruits. Une charge de la garde à cheval balaye définitivement les groupes violents.

La préfecture de police dénombre soixante-et-un agents blessés pour Paris et sa banlieue, dont dix-sept pour les évènements du quartier de l'Hôpital-Saint-Louis ; l'agent Bouteiller y est transporté dans un état grave : la lame a perforé la plèvre au poumon droit et un coup de pied à provoqué une grave lésion interne. Celui-ci avait déjà été grièvement blessé au 1er mai de l'an dernier.

Quatorze arrestations ont été maintenues les vingt-cinq interpellations réalisées, suivies d'envoi au dépôt ; cependant aucune ne concerne l'agression de ce dernier. M. Cressels, juge d'instruction, ouvre une information contre X pour  tentative de meurtre sur agent de la force publique. L'enquête n'aboutit pas et l'agresseur reste inconnu.

Le 26 mars 1925, le gardien de la paix Léon Bouteiller décède des suites de sa blessure reçue en service commandé deux ans plus tôt.

Sources et références :
Registre des matricules militaires de Haute-Marne, classe 1917, matricule 1168
Le Petit Parisien du 09/07/1925, "L'agent Bouteiller [...] cité à l'ordre de la nation"
Le Petit Parisien du 03/05/1923, "Après le 1er mai..."
Le Petit Parisien du 03/05/1923, "La journée du 1er mai..."
Le Petit Journal du 02/05/1923, "Violentes bagarres à la sortie des meetings"
Le Figaro du 02/05/1923, "Le 1er mai à Paris..."

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