Hubert BASSOT

1935 - Le brigadier des gardiens de la paix du 19e arrdt de Paris Hubert Bassot est assassiné par un dément devant  le poste de police.

Né le 22 janvier 1901 à Montmirey-la-Ville (Jura). Marié, sans enfant. Domicilié 13 rue Ramus, Paris 20e.

Fils de cultivateurs, il vécut chez ses parents jusqu'en 1920. Incorporé le 20 avril 1921 au 3e régiment de zouaves, il fit campagne en Afrique du Nord.

Libéré du service militaire le 31 mai 1923, il intègre la préfecture de police le 16 septembre de la même année sur les conseils de son frère, lui-même gardien de la paix.

Promu brigadier le 1er novembre 1933 au commissariat du 19e arrdt. Il est inhumé au cimetière de Pantin.
Mardi 30 juillet 1935. Vers onze heures du matin, un vieil homme aigri quitte une annexe de la mairie du 19ème arrondissement de Paris servant également de bureau du chômage. Il emprunte la rue André-Dubois et passe devant le poste de police où il croise un brigadier en uniforme. Devant témoin, Jean-Baptiste Porchet, soixante-sept ans, exhibe un pistolet automatique 7,65mm et tire à deux reprises dans le dos du policier.

Le brigadier Hubert Bassot, trente-quatre ans, tente de demander des renforts en donnant, comme il est d'usage, un coup de sifflet. Mais il est achevé d'une balle dans la tête. Alors que le chef de poste se présente arme au poing sur la place, Porchet tente de se donner la mort, mais il échoue. Il est transporté à l'hôpital Saint-Louis avec une grave blessure par balle à la tête.

On retrouve sur l'assassin ses documents d'identité et une lettre préméditant son acte : "Mon acte n'a aucune autre raison que celle-ci : il a été tiré au sort parmi six catégories d'ennemis des travailleurs. Vous saurez la suite sur ma table."

Le commissaire du quartier Combat, M. Duchez, son secrétaire ainsi que des inspecteurs de la police judiciaire investissent le domicile de Porchet, au 13 passage Kuszner. Ils découvrent que l'homme vivait seul dans un cinq pièces depuis une trentaine d'années. Serrurier de profession, il était au chômage depuis deux mois.

Sur la table de la pièce à vivre, deux cents cinquante francs et une lettre portant la mention "Contribution à remettre à mes filles Louise et Lucienne Durand." D'autres nombreux écrits parfois très incohérents indiquent que Porchet est obsédé et résolument contre l'ordre social établi, contre les contributions, contre le conseil municipal, etc. Anarchiste convaincu selon son entourage, il n'est cependant pas affilié à un parti politique et n'a aucun antécédent judiciaire.

Le 20 janvier 1936, Porchet se suicide alors qu'il est toujours soigné à l'infirmerie de la prison de Fresnes, et ce, avant d'avoir pu répondre de son acte. Si les médecins aliénistes n'ont pu rendre leurs conclusions à temps, l'histoire semble retenir néanmoins que ce crime est l'oeuvre d'un dément.

Sources et références :
L'Action Française du 21/01/1936, "Le meurtrier du brigadier Bassot est mort à Fresnes"
Le Matin du 31/07/1935, "Un chômeur déséquilibré tue à coups de revolver un brigadier de police"
Le Journal du 31/07/1935, "Un brigadier de police tué à coups de revolver à deux pas du poste central"

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