Jean POUCHET

1921 - Le brigadier Jean Pouchet est abattu par un malfaiteur surpris avec des complices en flagrant délit de vol à main armée à Sète.

Né le 14 novembre 1868 à Vicdessos (Ariège). Marié, père de trois enfants dont l'un est un orphelin adopté.

Entré dans l'administration le 12 juillet 1904 comme agent de police municipale à Sète après une période de quatre ans de service militaire au 13e bataillon du Génie de Montpellier.

Élevé au rang de chevalier de la légion d'honneur à titre posthume ; médaille d'or de 1ere classe des actes de courage et de dévouement.

Inhumé au cimetière de Sète dans un caveau à concession perpétuelle.
Jeudi 1er septembre 1921. Vers une heure de l'après-midi, un percepteur de contributions, M. Boillot, soixante-et-un ans, est victime d'une agression à main armée alors qu'il est sur le point d'entrer dans son bureau, à l'angle des rues de l'Hospice et Montmorency à Cette* (Hérault). Frappé à la tête avec un objet contondant en métal, les trois malfaiteurs, qui guettaient son arrivée derrière un kiosque à journaux, prennent la fuite avec sa serviette contenant huit cent mille francs de bons de la défense nationale, et soixante mille francs en liquide. Le sinistre trio prend la fuite par le quai de Bosc en direction de la petite localité voisine, La Peyrade. L'un d'entre eux n'hésite pas à tirer sur les témoins

Avec le concours des gendarmes et de citoyens rivalisant d'ardeur, une battue est organisée ; les bandits sont repérés au niveau du poste n°14 de la gare de petite vitesse alors qu'ils tentent de se dissimuler dans un train de marchandises. Au cours de la traque jusqu'à l'étang dit des Eaux-Blanches, de nombreux échanges de tirs ont lieu. Le brigadier de police Pouchet, cinquante-trois ans, est très grièvement blessé par l'un des bandits qui s'était dissimulé dans des bouquets de roseaux. Il est aussitôt abattu en retour par citoyen en arme.

Les deux autres bandits sont interpellés avec leur butin, lardés de morsures de chiens policiers lancés à leur poursuite. Visiblement expérimentés, ils se montrent peu prolixes et donnent de fausses identités.

Atteint au ventre et à la cuisse par deux projectiles distincts, le brigadier Pouchet est transporté à l'hôpital local dans un état désespéré. Il reçoit la médaille d'or des actes de courage et de dévouement des mains du préfet de l'Hérault.

Le 4 septembre, il décède des suites d'une péritonite contractée consécutivement aux graves blessures par balles reçues en service commandé.

Le 9 septembre, l'enquête menée par la brigade mobile de la police judiciaire établit l'identité du bandit tué ; il s'agit de Hamdane Ben Ali, trente-deux ans, originaire d'Alger ; condamné à dix-huit mois de prison pour vols qualifiés à Paris, il était frappé d'une interdiction de séjour en France.

Le malfaiteur Auguste Marchetti, trente-deux ans, fait parti de l'environnement parisien de ce dernier. Leur complice des plus cyniques est un bordelais se prétendant de nationalité espagnole, Raymond Sas dit Garcia, vingt-cinq ans. Ce dernier est un redoutable malfaiteur recherché par l'autorité judiciaire pour des vols qualifiés similaires à l'attaque du percepteur pour lesquels il encoure deux condamnations à vingt ans de travaux forcés par contumace.

Le 12 juillet 1922, la cour d'assises de l'Hérault condamne Marchetti et Sas à la peine de mort. Mais à la suite d'un vice de forme, l'arrêt est cassé le 17 août et un nouveau procès se tient le 26 octobre suivant devant la cour d'assises des Pyrénées-Orientales. Le duo est condamné aux travaux forcés en colonie pénitentiaire de la Guyane Française. En février 1924, Sas parvient à s'échapper d'un camp et disparait.

* Jusqu'en 1927, la ville de Sète s'orthographiait Cette

Sources et références :
Archives municipales, registres matricules, cote 1R1017, Pouchet Jean, Michel, matricule 618, classe 1888.
JORF du 12/03/1922, "Décret portant nomination dans l'ordre du mérite"
Le Petit Marseillais du 03/09/1921, "L'audacieuse agression de Cette"
Le Temps du 03/09/1921, "Agression à Cette contre un percepteur"
Le Petit Journal du 03/09/1921, "Un percepteur de Cette dévalisé en plein jour au centre ville"

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