Jean-Baptiste CABAUP

Attaque de la caserne de pompiers de la Villette - estampe datée de 1870
Dimanche 14 Août 1870. La fin du second empire se dessine après les défaites successives des armées de Napoléon III face à la Prusse, dont les troupes s’apprêtent à faire le siège de Paris. La capitale est en proie depuis plusieurs mois à de graves révoltes populaires réclamant la fin de la dynastie impériale. Opposé aux républicains modérés des classes dominantes, et aux élections démocratiques qu'il juge trop bourgeoises, le socialiste révolutionnaire Auguste Blanqui, qui aspire à une égalité sociale réelle, réunit un groupe d'une centaine d'insurgés adeptes de sa doctrine d'action violente. Il fomente un plan visant à s'emparer du dépôt d'armes stockées dans la caserne des pompiers du Boulevard de la Villette, 19e arrondissement de Paris. La caserne enlevée, les armes prises, il entrainerait la foule vers d'autres casernes pour porter la flamme révolutionnaire jusqu'au Palais Bourbon.

Vers les trois heures de l'après-midi, les blanquistes se dissimulent autour d'un faiseur de tours, à proximité immédiate de la caserne. Lorsque le signal est donné, les assaillants armés de sabres aux lames brisées, de dagues et de revolvers, se ruent dans le poste mais le sapeur-pompier Isidore Servan, vingt-quatre ans, assurant le rôle de sentinelle, leur refuse l'accès et donne l'alerte : un coup de feu le neutralise. Dans la cour, les pompiers s'opposent physiquement aux insurgés ; le lieutenant Nottrez parlemente en espérant les renforts et parvient à les débouter. Plusieurs fusils Chassepot sont dérobés.

Le commissariat du Faubourg-Saint-Denis dépêche des sergents de ville en nombre et une brève fusillade éclate. Le sergent de ville Jean-Baptiste Cabaup, quarante-et-un ans, est frappé d'une balle mortelle en plein coeur. Les insurgés battent en retraite en direction de Belleville. La foule indignée par la scène est néanmoins parvenue à maintenir cinq d'entre eux sur place.

Né le 21 Mars 1829 à Couflens (Ariège), le sergent de ville Cabaup intégrait la préfecture de police le 1er Mars 1864 comme auxiliaire après huit années passées au service de l'armée. Il fut nommé sergent de ville le 1er octobre suivant. Inhumé au cimetière de son pays natal.

L'ensemble des émeutiers pris les armes à la main, ainsi que leurs chefs supposés, ont tous été graciés dans les premiers jours suivant la proclamation de la IIIème République.

Sources et références :
L'Univers du 23/08/1870, "Affaire de la Villette" 
Conseil municipal de la ville de Paris, rapports et documents, année 1913, page 84.
Victor Pilhes, commissaire du Gouvernement provisoire, représentant du peuple / Ph. Morère