François GARNIER

1912 - Le gardien de la paix François Garnier est abattu par le passager d'une automobile qu'il venait d'intercepter après un délit de fuite à Paris.

Né à Dampierre-sur-Salon (Haute-Saône), le 24 septembre 1881, marié, un enfant. Incorporé le 14 novembre 1909 à là 7e section de commis et ouvriers militaires d'administration, il fut renvoyé dans ses foyers le 13 septembre 1903.

Entré le 9 décembre 1905 à la Préfecture de police, comme gardien de la paix stagiaire, il fut, en cette qualité, attaché au 6e arrondissement, où il devint titulaire de son grade le 1er juin 1907. Il passa, sur sa demande, à la brigade des voitures, le 1er avril 1910.

Inhumé dans une concession perpétuelle, au cimetière de Chambon (Loir-et-Cher).
Mardi 27 Février 1912. Il est sept heures et demie du soir lorsqu'une automobile de maître de couleur grise N°872-X-8, montée par deux individus, roulant à très vive allure depuis la Rue d'Amsterdam, vient heurter violemment un autobus de la ligne Grenelle-Javel-Gare-Saint-Lazare sur la Place du Havre, 9ème arrondissement de Paris.

Occupé à réguler le trafic considérable faisant face à la gare, le gardien de la paix François Garnier, du service des voitures, se porte aussitôt à hauteur de l'accident. Il constate que le conducteur n'a nullement l'intention de s'arrêter malgré ses injonctions, et reçoit même pléthore d'injures.

Alors que le véhicule reprend de la distance, il est nouveau immobilisé dans la circulation, face au n° 21 rue du Havre, gêné par la manoeuvre d'un fiacre venant de face. Le moteur venant à caler, le chauffeur saute de la marche et vient précipitamment actionner la manivelle pour le redémarrer. C'est à cet instant que l'agent Garnier parvient à gravir le marchepied pour bloquer le volant et se mettre en opposition. Contre toute attente, le passager exhibe une arme de poing et tire à trois reprises sur l'agent, atteint à la poitrine.

Les malfaiteurs prennent la fuite par le Boulevard Haussmann sous les yeux pétrifiés des parisiens. Transporté d'abord dans une pharmacie de la place du Havre et ensuite à l'hôpital Beaujon, l'agent Garnier mourut en y arrivant. Marié, père d'un enfant de trois ans, il était également le soutient de ses parents très âgés.

A ses obsèques officielles, le préfet Lépine déclare que l'agent Garnier s'était souvent signalé à l'attention bienveillante de ses chefs par des actes de courage et de dévouement. Il avait, notamment, arrêté un cheval emporté, en 1907, et prêté son concours le plus actif par l'extinction d'un commencement d'incendie en 1911. Il était un serviteur modèle, un agent irréprochable.

La Sûreté établit que l'automobile a été volée à Saint-Mandé le matin même et fait le rapprochement avec la bande de voleurs d'autos défrayant la chronique depuis quelques mois : la bande à Bonnot. Traquée, la dangereuse association de malfaiteurs fera une nouvelle victime dans les rangs des forces de l'ordre, tuant le sous-chef de la Sûreté venu interpeller Bonnot. Elle est définitivement mise hors d'état de nuire en avril, au terme d'un terrible face à face à Choisy-le-Roi.

Sources et références :
Conseil municipal de Paris, rapports et documents, année 1913, page 158.
Le Matin du 28/02/1912, "Les voyageurs de la voiture tuent l'agent à coups de revolver"