Pierre PREVOST

1969 - Le sous-brigadier Pierre Prévost est abattu par un individu suspect qu'il transporte jusqu'au commissariat de Libourne pour vérification de son identité. Marié et père de cinq enfants, il était âgé de 48 ans.

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Lundi 24 Mars 1969. Deux automobilistes au comportement suspect sont repérés sur la place de la mairie de Libourne (Gironde) par une patrouille de police du commissariat local. Il est environ deux heures du matin lorsque, au terme d'une brève surveillance, les agents décident de procéder au contrôle des maraudeurs. Peu prolixes, les individus dépourvus de documents d'identité sont cependant trouvés en possession d'un parfait outillage pour cambrioleurs. Décision est prise de les transporter jusqu'au commissariat distant de quelques centaines de mètres pour un contrôle plus approfondi. les deux agents ne le savent pas encore, mais le véhicule suspect a été dérobé la veille au soir dans les rues de Libourne. Les suspects sont placés à l'arrière du véhicule administratif.

Alors que la voiture emprunte les allées de Tourny, l'un des malfaiteurs sans doute mal fouillé brandit un pistolet et tire aussitôt sans aucune hésitation sur le conducteur. Le sous-brigadier Pierre Prévost, quarante-huit ans, père de cinq enfants, est atteint d'un projectile mortel à la tête. Le gardien de la paix Raymond Kerbrat saisit le bras armé du malfaiteur et tous deux s'affrontent âprement. Dans le même temps, le véhicule de police percute un arbre à quelques dizaines de mètres seulement du commissariat. S'aidant mutuellement, les deux bandits parviennent à prendre la fuite.
Saisi de l'affaire, le service régional de la police judiciaire de Bordeaux exploite le témoignage du policier survivant et les indices retrouvés dans le véhicule des malfaiteurs. Activant leur réseau d'indicateurs, les enquêteurs du commissaire principal Cabanne mettent la main rapidement sur le principal suspect : Jean-Joseph Portais, soixante ans, originaire de la région nantaise. Un criminel abouti, doté d'une longue expérience dans le domaine des vols à main armée et autres extorsions violentes.

Confronté aux éléments qui l'accablent et à la probabilité d'une condamnation à mort, le bandit remet des aveux et se décharge de quelques responsabilités en livrant le nom de son complice : Fred Viehweger, vingt-deux ans, originaire de Libourne ; le gredin est interpellé dans la foulée à son domicile à Bordeaux.
Trahi, ce dernier indique aux policiers que Portais était l'auteur d'une attaque à main armée sanglante commise à Mâcon le 3 août 1968 dans une bijouterie sise 47, rue Rambuteau. Lors de cette agression, Mlle Hélène Garnier, fille de la bijoutière sauvagement battue et séquestrée, avait été tuée à coups de revolver. Portais a reconnu sa présence sur les lieux les faits mais attribuait la responsabilité du meurtre à un complice décédé depuis.

L'interrogation des deux hommes devait amener l'arrestation d'un troisième complice : Guy Panassac, vingt-quatre ans, domicilié à Bordeaux. Celui-ci avait participé, le 13 février dernier, avec Viehweger et Portais, à une attaque à main armée contre la Banque industrielle et commerciale du Sud-Ouest, dans cette même ville. Des témoignages enfonçaient le clou autour de la personnalité très antipathique du principal accusé, dont seul l'âge plaidait en sa faveur, lui prêtant ces mots : "Pour moi, la vie d'un flic, ça ne compte pas". Le châtiment qui lui était promis ne devait surprendre que peu de monde.
Pour les meurtres de Mlle Garnier et du sous-brigadier Prévost, Portais écopait effectivement de la condamnation à mort le 17 décembre 1977, mais un vice de procédure entraine la cassation de l'arrêt le 22 juin 1978. Rejugé sous l'égide du pénaliste Me Robert Badinter, sa peine passe à la stupéfaction du principal intéressé à la réclusion criminelle à perpétuité aux assises de Côte-d'Or le 28 février 1979. 

Sources et références :
"Le Barreau de Bordeaux à travers les siècles" de Bertrand Favreau, document word non daté.
Le Bien Public, "Regards sur ces années là" - "Jean Portais sauve sa tête à Dijon"
Le Monde du 31/03/1969, "Le meurtrier du policier et son complice ont été arrêtés"
Le Monde du 25/03/1969, "Un sous-brigadier de police est tué par un malfaiteur"