Victor FRANCOIS

1905 - Le sous-brigadier au service de sûreté Victor François est abattu à l'issue d'une poursuite à pieds avec un malfaiteur recherché par l'autorité judiciaire à Paris.

Né à Perpignan (Pyrénées-Orientales), le 2 septembre 1870, marié. Engagé volontaire le 24 novembre 1888 au 2e régiment d'infanterie de marine, il fut libéré 11 service actif le 19 novembre 1891, avec le grade de caporal-fourrier.

Admis dans le personnel de la Préfecture de police le 1er septembre 1893 en qualité d'inspecteur au service de sûreté, il fut promu sous-brigadier le 1er janvier 1905. D'un caractère énergique, il s'était fréquemment signalé à l'attention de ses chefs par l'habileté et le courage dont il avait fait preuve en arrêtant de dangereux malfaiteurs.

Inhumé le 5 juin, au cimetière du Montparnasse, dans le tombeau des Victimes du devoir de la Préfecture de police.
Lundi 29 Mai 1905. Un mandat d'arrêt pour vols qualifiés est décerné à l'encontre de Marcel Breton, trente-deux ans, dangereux malfaiteur domicilié 36 rue Alexandre-Dumas dans le 11e arrondissement de Paris. Sentant la mauvaise augure, celui-ci n'y reparaissait cependant plus.

Vers 22h00, trois agents en tenue civile du service de Sûreté remarquent la présence du bandit, attablé à la terrasse d'un café du Faubourg Saint-Antoine. Repérés par le gredin expérimenté, ce dernier prend aussitôt la fuite par la Rue de Charonne. Alors qu'il atteint la Rue Keller, il est rattrapé par le sous-brigadier Victor François, avec lequel il échange des coups. Pendant la lutte, Breton saisit une arme de poing et frappe le policier à la tête. Alors que ce dernier chancelle mais ne faiblit pas, le truand fait feu à deux reprises. Atteint dans la région du cou, un projectile lui brise la moelle épinière ; paralysé, le policier agonise mais demeure conscient.

Reprenant la fuite, Breton emprunte la direction du Boulevard Voltaire, toujours poursuivi par les inspecteurs Beyle et Petitet, mais également avec l'assistance de parisiens indignés et courageux. Il tire en vain à quatre reprises ses dernières balles. La foule finit par le saisir sans ménager les coups, et le remet aux intervenants.

Transporté à l'hôpital Saint-Antoine, salle Broca, les médecins considèrent que l'état du policier est désespéré. Il y reçoit néanmoins, des mains du Préfet de police, la médaille d'honneur de 1re classe en or que lui a accordée le Gouvernement. Il est également visité par MM. Hamard et Blot, chef et sous-chef de la sûreté venus saluer son courage. Marié, sans enfant, il meurt dans la soirée du 31 Mai à l'âge de trente-quatre ans.

Mis en examen par le juge Worms aux chefs d'assassinat, tentatives d'assassinats, guet-apens sur personnes de la force publique, port d'arme prohibée, Breton reconnait avoir fait feu mais argue que les policiers ne se sont pas clairement identifiés, et pensait avoir affaire à une bande rivale. (condamnation ignorée)

Sources et références :
Le Radical du 10/06/1905, "Faits divers, la mort du sous-brigadier François"
Le Journal du 31/05/1905, "Rue de Charonne, tragique arrestation"
Le Petit Parisien du 31/05/1905, "Une chasse à l'homme"