Abel de GOURNAY D'ARNOUVILLE

1832 - Le commissaire de police Abel de Gournay d'Arnouville est abattu par un insurgé républicain pendant les émeutes du mois de juin visant à renverser la forme de gouvernement.

Né à la Haye-Pesnel (Manche), le 7 août 1781 ; le commissaire de Gournay d'Arnouville était marié.

Élu, le 9 juin 1831, chef de bataillon de la garde nationale de Chaville (Seine-et-Oise) ; nommé, sous le ministère Casimir-Perier, commissaire de police de la ville de Paris, par ordonnance royale du 5 novembre 1831, et attaché en cette qualité au commissariat du quartier du Marais.

Son nom figure sur le monument des victimes du devoir de la préfecture de police.
Suite au décès du président du conseil des ministres Casimir-Pierre Périer, l'agitation politique est à son paroxysme. Pourtant né de la révolution de juillet 1830, le nouveau régime monarchique de Louis-Philippe 1er demeure encore très instable et clivant. L'opposition, qui reproche au gouvernement des violations répétées des libertés, agite l'électorat républicain.

Mardi 5 Juin 1832. Les obsèques du Général Jean-Maximilien Lamarque, mort comme Périer du choléra, grande figure populaire du parti républicain, attirent un inévitable et vaste concours populaire dans les rues de Paris. Face aux premiers signes de révolte palpables, la préfecture de police organise depuis deux jours le maintien de l'ordre aux abords des voies que doit emprunter le cortège funèbre.

Ce dernier passe les grands boulevards en direction du pont d'Austerlitz sous d'ostensibles couleurs rouges républicaines. Exaltée par les meneurs républicains, la cohorte entourant le convoi se rebelle rapidement. Les gardes municipaux et les sergents de ville placés dans les rues adjacentes au passage du convoi sont systématiquement attaqués. Tandis que des corps-de-gardes, des casernes sont prises d'assaut dans le but de trouver des armes, une partie de la garde nationale fait défection et se retourne contre l'ensemble des forces royales.

Les barricades établies dans les rues étroites de la cité, rapidement obstruées, empêchent le passage des cavaliers. L'insurrection se concentre notamment près des Halles et dans le cloitre Saint-Merri.

A la tête d'un corps de troupes qu'il accompagne pour faire les sommations d'usage, ceint de son écharpe tricolore, le commissaire de police Abel de Gournay d'Arnouville, a pour instructions de déloger un groupe d'insurgés établi à l'hôtel des postes de la rue Jean-Jacques-Rousseau, 2ème arrondissement de Paris. Alors qu'il atteint l'angle de la rue Montmartre, et que des soldats procèdent au démontage d'une barricade, le groupe est pris dans une embuscade. Le commissaire est frappé de deux balles, tirées depuis une fenêtre du premier étage d'une boulangerie, sise au N°42. Il est emporté grièvement blessé jusqu'à l'hôtel des postes, où il expire.
Obsèques du Général Lamarque - Estampe anonyme - 1834

L'insurrection dure deux jours et se sanctionne par près de deux cents morts, dont celles de 73 gardes municipaux, gardes nationaux et militaires.

Sur la base de témoignages, Augustin Wachez, boulanger, est arrêté à son domicile avec un fusil de munition poinçonné du chiffre de la 5e légion.

Le 1er conseil de guerre de la 1ere division militaire réuni le 17 juin 1832 le déclare non-coupable. Le ou les meurtriers du commissaire ne seront jamais identifiés.



Sources et références :
Portrait transmis par sa famille - Steen Heidemann - (ca 1800)
Conseil municipal de la ville de Paris, Rapport et documents, année 1913, page 73.
Mémoires de M. Gisquet, ancien préfet de police. Tome 2

Le Courrier du 18/06/1832, "1er conseil de guerre de la 1ere division militaire : affaire C/ Wachez"