Abel de GOURNAY D'ARNOUVILLE

L'insurrection républicaine de 1832 prend naissance dans une foule exaltée
accompagnant le convoi funèbre d'un grand général de l'Empire.
Elle provoque la mort de centaine de parisiens, et celle du commissaire de police
de Gournay. -Estampe anonyme datée de 1834-
Mardi 5 Juin 1832. Les obsèques du Général Jean-Maximilien Lamarque, mort du choléra, grande figure populaire du parti républicain ayant fait sa carrière dans les armées de l'Empire, attirent un vaste concours populaire dans les rues de Paris. Le convoi funèbre emprunte les grands boulevards jusqu'au pont d'Austerlitz sous d'ostensibles couleurs rouges républicaines. Né de la révolution de juillet 1830, le nouveau régime monarchique de Louis-Philippe 1er demeure alors encore très instable et clivant. Exaltée par les meneurs républicains, la foule entourant le convoi se révolte, et des troubles éclatent autour de barricades établies sauvagement en plusieurs points de la capitale. Une partie de la Garde Nationale fait défection et rejoint les insurgés pour appeler à une nouvelle République.

L'insurrection, qui fait près de deux cents morts, se concentre notamment près des Halles et dans le cloitre Saint-Merri. A la tête d'un corps de troupe qu'il accompagnait pour faire les sommations d'usage, ceint de son écharpe tricolore, le commissaire de police Abel de Gournay d'Arnouville, exhorte les insurgés au calme et les appelle à rentrer chez eux. Il est frappé d'une balle, tirée depuis une boulangerie de la rue Jean-Jacques-Rousseau et meurt quelques instants plus tard.

Des suspects sont arrêtés, mais le tireur ne sera jamais identifié. Né à la Haye-Pesnel (Manche), le 7 août 1781 ; le commissaire de Gournay d'Arnouville était marié. Élu, le 9 juin 1831, chef de bataillon de la garde nationale de Chaville (Seine-et-Oise) ; nommé, sous le ministère Casimir-Perier, commissaire de police de la ville de Paris, par ordonnance royale du 5 novembre 1831, et attaché en cette qualité au commissariat du quartier du Marais.

Son nom figure sur le monument des victimes du devoir de la préfecture de police.

Sources et références :
Conseil municipal de la ville de Paris, Rapport et documents, année 1913, page 73.