Le choléra à Paris - 1865

Entre les mois de septembre et décembre de l'année 1865, Paris est frappée d'une épidémie de choléra. Six sergents de ville contribuant à l'organisation des secours et apportant leur aide aux malades trouvent la mort, victimes eux-mêmes de la terrible maladie. Leurs noms figurent le monument des victimes du devoir de la Préfecture de police.

ALBAN Alexandre-Guillaume, sergent de ville
Né à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), le 12 février 1828, marié, trois enfants.

Entré à la préfecture de police le 1er septembre 1861, comme auxiliaire au service de la police municipale, il fut nommé sergent de ville le 1er mai 1862. Il était, au moment de son décès attaché, en cette qualité au 9e arrondissement de Paris. Depuis le commencement de septembre 1865, date à laquelle le choléra avait fait dans la capitale une nouvelle et meurtrière apparition, le sergent de ville Alban a été à plusieurs reprises appelé à porter secours à des victimes de cette épidémie.
Ainsi exposé aux dangers de la contagion, il finit par contracter lui-même la funeste maladie. C'est dans le service qu'il fut brusquement frappé par le fléau. Il décéda le 15 octobre. Inhumé le 18 du même mois, dans une concession temporaire, au cimetière Montmartre.


BUSSOIS Pierre-François, sergent de ville 
Né à Marchaux (Doubs), le 12 février 1826, marié, un enfant en bas âge.


Nommé le 1er janvier 1855 à la Préfecture de police comme sergent de ville, il remplit, en 1860, les fonctions d'inspecteur de police pendant quelques mois. Rentré au corps des sergents de ville le 1er janvier 1861, il était, au moment de son décès, attaché au 6e arrondissement de Paris.

Il fît pendant plusieurs semaines un travail des plus pénibles et surtout des plus dangereux, en soignant ou en transportant des personnes atteintes du choléra. Aussi, bien qu'il fût d'une santé robuste et dans toute la force de l'âge, Bussois ne pu-t-il résister à la première attaque du fléau. C'est dans la matinée du 9 octobre 1865, au poste, où il venait de rentrer après avoir aide au transport des malade, qu'il se sentit indisposé. Transporté chez lui, il succomba le soir du même jour, vers 7 heures et demie. Inhumé le lendemain dans une concession temporaire au cimetière Montparnasse.


DAMBRON François-Marie, sergent de ville
Né à Widehem (Pas-de-Calais), le 12 mars 1800, marié.

Entré le 30 avril 1848 à la Préfecture de police, comme gardien de Paris, il fît jusqu'à l'année suivante partie de ce corps que le préfet Caussidière avait organisé au lendemain de la Révolution de février et qui après une courte durée, dut céder la place à celui des sergents de ville. Au moment de décès, il était attaché, en cette qualité, au 6e arrondissement (Saint-Germain-des-Près).
Vers le milieu d'octobre 1865, c'est-à-dire au plus fort de l'épisode cholérique, le sergent de ville Dambron qui avait prodigué des soins à plusieurs personnes frappées par ce mal foudroyant, en fut atteint à son tour. Son âge et les fatigues de son pénible service en avaient fait une proie facille, aussi, succomba-t-il en quelques heures le 14 octobre. Inhumé le lendemain, dans une concession temporaire, au cimetière de Montparnasse.


RECOUVREUR François-Nicolas, sergent de ville
Né à Chenicourt (Meurthe), le 31 mars 1820, marié (1).

Libéré du service militaire après avoir accompli une période de sept ans, il est nommé à la Préfecture de police, le 1er janvier 1855, comme sergent de ville, il était, au moment de son décès, attaché en cette qualité au 12e arrondissement de Paris.

Cet agent remplit avec un dévouement digne d'éloges son service d'ambulancier auprès des cholériques sans tenir compte des dangers de la contagion auxquels il s'exposait et surtout de l'état de délabrement physique où l'avaient réduit ses fatigues. Recouvreur n'en persista pas moins à remplir ses fonctions. Le 9 octobre 1865, à la prise de son service et, sur les conseils de deux médecins appelés à constater la gravité de son état, il fut transporté en toute hâte à son domicile, où, en arrivant, il tomba dans le coma. Il mourut complètement déshydraté vers trois heures du matin, le lendemain 10 octobre, sans avoir repris connaissance. Inhumé le 11 du même mois dans une concession temporaire au cimetière du Père-Lachaise.

BECK Jacques-Henri, sergent de ville
Né à Bouxwiller (Bas-Rhin), le 14 février 1815, marié.

Libéré du service militaire après avoir accompli une période de dix ans. Entré à la Préfecture de police, le 1er janvier 1855, comme sergent de ville, il était au moment de son décès, attaché en cette qualité au 11e arrondissement de Paris. L'épidémie cholérique de 1865 sévit avec une certaine violence parmi la population du quartier de la Folie-Méricourt, où le sergent de ville Beck faisait son service. Journellement en contact avec des malades atteints par le terrible fléau, il ne put échapper à la contagion dont il ressentit les premiers symptômes en soignant un cholérique. Il succomba au bout de quelques heures, le 17 octobre.1865. Inhumé le lendemain, dans une concision temporaire, au cimetière du Père-Lachaise.

CORETTE Joseph-Désiré, sergent de ville
Né à Bévillers (Pas-de-Calais), le 21 Janvier 1824, marié, un enfant.

Libéré du service militaire après avoir accompli une période de sept ans. Nommé sergent de ville au service de la police municipale le 16 novembre 1854, il appartenait à la Préfecture de police depuis près de onze ans au moment de son décès. Il était alors attaché au 7e arrondissement de Paris. Dans les premiers jours de novembre 1865, alors que l'épidémie cholérique commençait à décroître, le sergent de ville Corette, qui avait été fréquemment employé au transport des infectés ou appelé à leur donner des soins, devait payer de sa vie son dévouement à l'humanité. Pendant qu'il aidait au transport d'un cholérique, il ressentit les premières atteintes du fléau et dut s'aliter aussitôt. Il mourut le 5 novembre. Inhumé le surlendemain, dans une concession temporaire, au cimetière du Montparnasse.

Sources et références :
Image, "Le choléra sur Paris", estampe de F. Chifflart 1865, improvisations sur cuivre
Conseil municipal de Paris, rapports et documents, année 1913, pages76 à 81