Marcel BISCH

1969 - Le brigadier de police motocycliste Marcel Bisch est abattu par un malfaiteur recherché par l'autorité judiciaire au terme d'une course poursuite dans les rues de Paris.

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Dans la nuit du vendredi au samedi 8 Mars 1969, deux malfaiteurs maraudent dans le 11ème arrondissement de Paris à la recherche d'un mauvais coup. Il s'agit de Roger Malissard, trente-trois ans, et Guy Hervé, vingt-cinq ans. Ce dernier est très défavorablement connu des services de police depuis l'âge de seize ans, notamment pour des vols à main armée et des cambriolages commis dans la capitale. Recherché par l'autorité judiciaire, le marginal a fait l'acquisition d'un pistolet MAB 7,65 afin de ne pas se laisser prendre.

Alors qu'ils inspectent les véhicules en stationnement dans la Rue Servan, ils dérobent une Citroën DS modèle 21 et circulent désormais au hasard d'une autre opportunité. Elle se présente à l'angle des rues Villiers-de-l'Isle-Adam et des Pyrénées, dans le 20ème arrondissement ; les bandits brisent la vitrine d'une boutique de vêtements pour y voler deux blousons de cuir encore sur leurs présentoirs.

Le sinistre duo regagne une chambre d'hôtel au 114 Rue du Chemin-Vert, louée par Malissard. Insatisfaits, ils effectuent une nouvelle sortie aux alentours de 2h du matin toujours au volant de la DS volée. Circulent de manière anarchique, ils finissent par attirer l'attention d'un gardien de la paix, qui manque d'être fauché en voulant les arrêter. Le véhicule immatriculé en Gironde est signalé, et deux agents motocyclistes de la Préfecture de police le repère et prennent en chasse les occupants. Alors que le véhicule est stoppé face au 131 Rue Saint-Maur, en sens interdit, Hervé remet fébrilement son permis de conduire, puis il fait brusquement feu à huit reprises avec son pistolet 7,65 dans leur direction ; il abat le Brigadier Marcel Bisch, quarante-huit ans, qui se trouvait à sa proximité immédiate et blesse très grièvement le Brigadier André Vessereau, quarante ans, placé plus en retrait.

Malissard est interpellé en flagrant délit dans sa chambre d'hôtel et se montre très bavard avec les enquêteurs. Deux complices receleurs âgés d'une vingtaine d'années sont interpellés tour à tour et confondus dans des affaires de cambriolages : Jacques Volmer et Daniel Allard. Munis de précieux renseignements, les services de la police judiciaire mettent alors enfin la main sur Guy Hervé le 29 Mai alors qu'il s'est réfugié dans un appartement de la rue Jean-Baptiste-Clément dans le 18ème arrondissement. Il n'opposait aucune résistance bien que l'arme du crime soit retrouvée en sa possession.

En septembre 1973, Guy Hervé est condamné à la réclusion criminelle perpétuelle, échappant à la peine de mort. Respectivement, Volmer, Malissard et Allard écopent chacun de 7 ans, 5 ans et 3 ans de prison ferme. La peine atténuée de Malissard s'expliquait probablement par ses indications.

Le Brigadier Marcel Bisch était marié et père d'un enfant. Cité à l'ordre de la nation, il est nommé Officier de paix à titre posthume. Son collègue est également nommé Officier de paix à titre honoraire.

Sources et références :
"Victimes du devoir" de Stéphane Lermercier , éd. du Prévôt, page 146
Mémoires d'un président de cour d'assises de Jean Ullmann
Bulletin municipal officiel de la ville de Paris du 30/06/1969, page1053
Le Monde du 01/10/1973, "Guy Hervé condamné à la réclusion criminelle à vie"
Le Monde du 28/09/1973, "Un meurtrier effacé"
Le Monde du 30/05/1969, "Guy Hervé est arrêté"
Le Monde du 11/03/1969, "Son complice est arrêté"
Le Monde du 10/03/1969, "Les occupants d'une automobile pris en chasse tirent [...]"