Francis VIOLLEAU

1981 - Le gardien de la paix Francis Violleau meurt des suites d'une grave blessure par balle tirée par une terroriste de la Fraction Armée Rouge.

Né le 11 février 1946 à Saintes (Charente-Maritime) ; marié, père de trois enfants.

Inhumé au caveau familial de Mérignac en Gironde.
Mardi 4 Août 1981, fin d'après-midi. Deux gardiens de la paix cyclomotoristes de la préfecture de police de Paris régulent la circulation dans le quartier de Montparnasse à Paris. Un individu monté sur une moto de petite cylindrée dépourvue de plaque numérologique grille un feu rouge ; les deux policiers tentent aussitôt de procéder à son contrôle. Mais le pilote, dépourvu de casque, n'obtempère pas et prend la fuite en empruntant le Boulevard Raspail à contre-sens.

Alors que l'un des policiers chute, la poursuite emmène son équipier, seul, rue de la Chaise dans le 7ème arrondissement, où le fuyard finit par s'arrêter près d'un garage, encore persuadé de les avoir semé.

L'agent s'approche avec méfiance de l'individu qui s'avère être une jeune femme aux cheveux courts, et demande à la contrevenante de lui présenter des documents. Cette dernière ouvre son blouson, exhibe une arme de poing et tire sans aucune hésitation. Un projectile traverse la gorge du policier et vient lui briser la 7e vertèbre cervicale.

Le gardien de la paix Francis Violleau, trente-quatre ans, est admis à l'hôpital Saint Michel dans un état grave. Marié à Yolaine, ce jeune père de trois enfants devient tétraplégique. Il passe deux années dans un centre de réadaptation avant de rentrer chez lui, contre avis médical. La vie de la petite famille est bouleversée et devient très difficile.

L'enquête menée conjointement avec la Bundes Kriminal Amt de la République Fédérale Allemande aboutie rapidement à l'identification de Inge Viett, trente-sept ans, membre de la Rote Armee Fraktion (Fraction Armée Rouge).

Cette figure du terrorisme d'extrême gauche allemand avait été arrêtée une première fois en mai 1972 pour sa participation à un attentat meurtrier contre le yacht-club britannique de Berlin et plusieurs braquages sanglants commis en Allemagne pour le compte de la nébuleuse terroriste. Elle avait réussi à s'évader un an plus tard, et vivait clandestinement à Paris depuis 1979.

Le 13 juin 1990, Viett est enfin arrêtée à Magdebourg après avoir vécu dans la clandestinité en Allemagne de l'Est, avec la complicité de la Stasi. La chute du mur de Berlin en 1989 aura provoqué la sienne. Deux ans plus tard, elle est condamnée à treize années de prison. Libérée en janvier 1997, à la moitié de sa peine, elle vit depuis du chômage dans une cité de l'ex-RDA.

Le 16 mars 2000, récipiendaire de la médaille pour acte de courage et dévouement, le brigadier-chef de police honoraire Francis Violleau vit difficilement dans un centre médical spécialisé à Blois depuis 1985. Il finit ses jours parfaitement conscient et lucide sur sa situation dans le plus strict anonymat à l'âge de cinquante-quatre ans.

Le 15 avril 2010, M. Gaudin, préfet de police de Paris, inaugure la salle Francis Violleau dans les locaux des compagnies de circulation de la direction, sis 71 rue Albert dans le 13ème arrondissement de Paris.

Sources :
Der Spiegel du 08/09/1997, article de Bruno Schrep
Archives Le Monde du 06/08/1981 - du 13/08/1981 et du 14/08/1981
Un nom sur une porte : mémorial pour un flic de Georges Moréas - à lire ici

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