Auguste LE COURSONNOIS

1927 - L'inspecteur Le Coursonnois est abattu au domicile d'un forcené, à Montmorency, dans un contexte de crime passionnel.

Né le 3 mai 1877 à Morlaix (Finistère), marié et père de famille. Vétéran de la grande guerre, où il avait été blessé cinq fois, et fait l'objet de sept citations, il fût démobilisé avec le grade de Lieutenant, la médaille militaire et la croix de la légion d'honneur.

Inhumé le 13 mai 1927 dans le caveau des victimes du devoir au cimetière Montparnasse.
Samedi 7 mai 1927. Maurice Rousselet, vingt-neuf ans, est attaché en qualité d’ouvrier serrurier à la maison d'éducation de la légion d'honneur de Saint-Denis (Seine-et-Oise). Très épris d'une jeune femme, Mlle Blanche Tilly, vingt-huit ans, laquelle est employée à l'infirmerie de l'établissement, cette dernière désire rompre toutes relations après avoir découvert qu'il était déjà marié. Elle s'en était par ailleurs assurée en envoyant un courrier à la mairie où vivait l'intéressé, ce qui déclencha l'ire de Rousselet. Après avoir acheté une arme de poing et douze cartouches, il décide de se venger, et vers sept heures du soir, alors qu'il retrouve sa maitresse, il tire à deux reprises sur la jeune femme, la laissant pour morte.

Son lâche forfait accompli, Rousselet prenait la fuite devant témoins et regagnait son domicile, 84 rue de Paris à Montmorency (Seine-et-Oise). Mlle Tilly, était cependant secourue, et les témoins, connaissant leur relation intime, dénonçaient la tentative d'assassinat auprès des services de la Sûreté. Pour s'assurer de l'information, le commissaire de police de Saint-Denis sud, M. Tiha, envoyait les inspecteurs Lecoursonnois et Garez au domicile de Rousselet.

Sur place, les agents sont reçus calmement par le beau-frère. Mais à l'étage, où l'épouse est également présente, la situation bascule rapidement. Rousselet, aviné, très énervé, tient sa main droite dans le dos. Alors que l'inspecteur Lecoursonnois lui demande de laisser ses mains apparentes, l'assassin pointe aussitôt son arme sur le policier et tire à cinq reprises. Les deux agents quittent précipitamment les lieux mais l'inspecteur Auguste Lecoursonnois, cinquante ans, atteint par plusieurs projectiles, vient mourir sur les sièges de l'auto qui l'avait transporté jusque là.

Un dispositif policier était rapidement mis en place autour de l'immeuble, avec le concours de la gendarmerie de Montmorency, d'agents de police d'Enghien-les-bains, ainsi que de la brigade spéciale venue de Paris avec du matériel pare-balles, des explosifs et des gaz. Le forcené, déterminé à ne pas se faire prendre, laisse entendre qu'il mettra fins à ses jours. Plusieurs autres coups de feu sont tirés à travers la porte pour faire fuir les gardiens de la paix progressant vers la porte palière. Le brigadier Poulain parvient alors à dialoguer avec le forcené pour faire retomber son exaltation, et le confronter à l'inutilité de sa résistance. Rousselet finissait par rendre son arme au brigadier, sans plus de heurts. Rousselet était aussitôt envoyé au dépôt, où les expertises de médecins aliénistes concluaient qu'il pouvait répondre de ses actes.

Atteinte d'une balle à l'abdomen et d'une autre à la tête, Mlle Tilly devait subir six semaines d'interruption totale de travail, et devenir aveugle à 70%. Rousselet est condamné en janvier 1928 par la cour d'assises de Seine à dix ans de réclusion criminelle ; la préméditation n'a pas été retenue.

Sources et références :
Police Magazine n°35 du 21/07/1931, "Honnêtes gens, respectez la police"
Le Petit Journal du 10/01/1928, "Le drame de la maison de la légion d'honneur"
L'Action Française du 08/01/1928, "Le meurtre de l'inspecteur Lecoursonnois"
Le Gaulois du 08/01/1928", "Le drame de la maison de la légion d'honneur"
Le Petit Parisien du 08/05/1927, "Un meurtrier abat à coups de revolver un inspecteur de police"