Michel MACE

1992 - Le brigadier de police municipale Michel Macé par un malfaiteur surpris en flagrant délit de vol à main armée à Redon.

Né le 7 décembre 1952 à Redon (Ille-et-Vilaine) ; marié et père de deux enfants.

Il travaillait depuis plus de vingt ans au service de la commune, également comme pompier volontaire.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Jeudi 17 Septembre 1992. Un sinistre individu se présente au guichet de la Banque de Bretagne, rue des Douves dans le centre-ville de Redon (Ille-et-Vilaine). Il est 11h40.

Visiblement très expérimenté, il exhibe calmement une arme de poing de calibre 9mn à la réceptionniste. Le malfaiteur quitte la banque sans précipitation avec un butin d'environ quarante mille francs et prend sereinement la direction du parking de la gare où se trouve stationnée son Audi 80.

Quelques instants plus tard, un employé de la banque sort affolé de l'établissement et requiert un brigadier de la police municipale occupé à réguler la circulation.

Ce dernier émet un appel radio puis se lance à la poursuite du malfaiteur désigné, lequel vient d'atteindre l'Avenue de la Gare. Alors que l'agent tente de le ceinturer, le truand le désigne aussitôt son arme.

Le policier tente de maîtriser son agresseur en saisissant le poignet du bras armé ; après une lutte de quelques secondes, le truand tire à cinq reprises. Frappé par un projectile à l'épaule à bout touchant, le brigadier Michel Macé, trente-neuf ans, s’écroule face contre terre. Devant plusieurs témoins horrifiés, le malfrat tire encore une fois dans la nuque de sa victime et reprend son chemin sans exprimer la moindre panique. Il quitte Redon à bord de l'Audi 80.

Malgré l'intervention rapide des service d'urgence, le brigadier Macé, dont les graves blessures ne permettaient pas son transport, est déclaré décédé sur place. Marié et père de deux petites filles, il était membre de la police municipale de Redon depuis vingt ans. Il était également bien connu de la commune pour ses services rendus en tant que pompier volontaire.

Les gendarmes de Redon et la Section de Recherche de Rennes mettent aussitôt en place un dispositif d'interception sur le réseau routier d'Ille-et-Vilaine. Un hélicoptère et 250 gendarmes contribuent aux recherches. L'Audi 80, modèle très ancien peu discret, est rapidement repéré par des motards de la gendarmerie sur la Départementale N°8 près de Monterrein. Une fusillade éclate, l'Audi 80 alors criblée de balles voit sa mobilité réduite.

Trois jours plus tard, le véhicule est retrouvée vide d'occupant dans les bois du Lobo, à deux kilomètres de la commune de Caro. En fin d'après-midi, avec l'appui de deux équipes cynophiles, les gendarmes procèdent à l'arrestation du fugitif toujours en possession de l'arme du crime et du butin. Deux autres braquages effectués dans la région lui seront également imputés.

Arrigo Giorgio Candela, trente-six ans, est un franco-italien qui fait déjà l'objet d'un mandat d'arrêt international pour trois meurtres commis dans la région de Turin en Italie. Les carabiniers avait surnommé ce braqueur chevronné Rambo à cause de son habitude à se terrer dans des forêts lorsqu'il se savait recherché. Les policiers découvrent dans son camping-car dissimulé dans les bois de Pleubian un important stock d'armes automatiques et leurs munitions.

Le 15 mars 1994, alors qu'il est escorté par les gendarmes de Caen pour une reconstitution des faits, Candela parvient à subtiliser l'arme de service de l'un d'eux malgré le port de ses entraves dans le dos. Il faisait feu en blessant grièvement un gendarme au ventre. Impassible, il déclarait plus tard au tribunal "Dès le matin, j'ai su que l'escorte était à ma portée."

Le 7 Février 1996, la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine condamne Candela à la réclusion criminelle dite à perpétuité pour vols qualifiés, homicide et tentatives d'homicide ; peine assortie d'une mesure de sûreté de dix-huit ans. Il n'a jamais exprimé aucun remord, allant jusqu'à argumenter que le brigadier Macé avait pris des risques inconsidérés en s'attaquant à sa personne. Il décède le 27 décembre 2006 alors qu'il est toujours incarcéré à Fresnes.

Sources et références :
Fichier des personnes décédées en France, 1970-2020

Ouest-France, article du 18/09/1992, "Le braqueur tue le policier à Redon"
Le Monde, article du 23/09/1992, "Arrestation du meurtrier présumé d'un policier municipal de Redon"
La Reppublica, article du 22/09/1992, "Rambo arrêté en France, risque la prison à vie"
Le Télégramme, article du 24/04/1998, "Arrigo Candela alias Rambo entendu à Rennes"
Le Télégramme, article du 15/02/2007, "Rambo est décédé à l'hôpital" 

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