Statistiques

Sur la période 1970-2019, la lecture des 194 décès d'agents de police recensés sur ce mémorial, résultant d'une confrontation avec des malfaiteurs, fait apparaitre les éléments suivants :

 
Évolution : Incontestablement, le nombre d'agents tués a fortement baissé depuis 40 ans. Rapportée à plus long terme, cette baisse est encore plus significative, avec plus de 100 décès relevés dans les années 50-60 (recensement toujours en cours). Pour la période 2010-2019, ce nombre augmente cependant très légèrement pour la première fois depuis les années 1980 avec le contexte du terrorisme islamiste.
 
Plusieurs paramètres peuvent expliquer sommairement ce phénomène de baisse :

1) Un banditisme qui a délaissé les braquages très risqués effectués en association de malfaiteurs restreinte, où la confrontation armée avec les forces de sécurité est évidente ; au profit du trafic de stupéfiants très lucratif dans la durée, aux rôles bien plus nébuleux et nombreux et qui connait un essor inégalé de par son uberisation.
 
Les attaques à main armée d'établissements financiers connaissent effectivement une chute spectaculaire de -95% depuis 1996 selon ONDRP, alors qu'elles étaient une priorité des services de police au cours des années 70-80 ; période qui voit naitre nombre de succursales bancaires peu sécurisées. Les braquages contre le secteur marchand a lui aussi chuté de -60% depuis 2009, selon ONDRP.

2) La création de forces d'intervention (RAID, GIPN, BRI...) et leur formation spécifique face à des situations à hauts risques (forcenés retranchés, libération d'otages, contre-terrorisme, escortes de dignitaires ou de prisonniers dangereux...)

3) L'engagement graduée des unités de sécurité publique sur des interventions quotidiennes où le spectre du danger est identifié, avec le déploiement prioritaire de services spécialisés, constitués d'éléments expérimentés comme ceux des brigades anticriminalité, disposant d'équipements lourds adaptés par rapport aux effectifs du service général.

4) L'évolution des matériels de protection ou d'exploration ; ou encore la dotation d'armes sublétales et de dispositifs autonomes.
 
5) Les progrès de la médecine, notamment dans le traitement des traumatismes balistiques.

Périodes : Concentrant à elle seule 38% des décès d'origine criminelle, 1976-1986 est la décennie la plus marquée.

Usage des armes : Si 65% de ces décès résultent de l'usage d'une arme à feu, seuls 10% de ces décès par arme à feu survenaient de l'an 2000 à nos jours avec un dernier pic en 2001 (7 cas). A noter que l'année suivante, la dotation de gilets pare-balle individuels pour les personnels actifs de la Police Nationale devenait effective. 45 agents étaient abattus dans les années 1980, contre 8 au cours des années 2010.

Contexte : 61% de ces décès survenaient dans le cadre de la maitrise d'un ou plusieurs individus (contrôles, arrestations, forcenés) ; 24% dans le cadre d'une interception de véhicule en mouvement (poursuites, collisions volontaires, barrages pédestres), une tendance en augmentation (voir autre moyen utilisé dans le graphique ci-dessus). Enfin, 15% relevaient d'un caractère terroriste à l'instruction.



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