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Depuis 1970, la lecture des 193 décès d'agents de police recensés sur ce mémorial, résultant d'une confrontation avec des malfaiteurs, fait apparaitre les éléments suivants :

Évolution : Si le métier de policier reste évidement dangereux, depuis plus de trente ans, le nombre d'agents tués est en forte baisse, et ce de manière flagrante (-57% sur la période 1980-2019). Il faudrait en outre rapporter cette baisse à l'évolution des effectifs de la police.

Plusieurs paramètres peuvent expliquer sommairement ce phénomène :

1) Un changement dans les méthodes de financement du milieu du banditisme, plus axé sur l'économie souterraine (trafics de stupéfiants, contrebande) qui génère rapidement des bénéfices parfois colossaux, emploie une main d'oeuvre très importante, mais limite la confrontation armée avec les forces de police. Ainsi les attaques à main armée d'établissement financiers connaissent une chute spectaculaire (-95% depuis 1996, ONDRP) alors qu'elles étaient une priorité des services de police au cours des années 70-80 ; les braquages contre le secteur marchand a lui aussi chuté (-60% depuis 2009, ONDRP).

2) La création de groupes d'intervention (RAID, GIPN, BRI...) et leur formation spécifique face à des situations à hauts risques (forcenés retranchés, libération d'otages, contre-terrorisme, escortes de dignitaires ou de prisonniers dangereux...)

3) L'engagement graduée des unités de sécurité publique quotidiennes sur des interventions dont le risque est identifié, avec le déploiement priorisé de services spécialisés, constitués d'éléments expérimentés comme ceux des brigades anticriminalité et disposant d'équipements lourds adaptés par rapport aux effectifs du service général.

4) L'évolution des matériels de protection ou d'exploration ; ou encore la dotation d'armes sublétales et de dispositifs autonomes.
 
5) Les progrès de la médecine.

Pour la période 2010-2019, il est à noter que pour la première fois depuis les années 1980, le nombre de décès augmente très légèrement.

Périodes : Concentrant 38% de ces décès, 1974-1986 est la période la plus marquée, avec un pic en 1982 (10 cas) ; une décennie assombrie par le terrorisme et le grand banditisme oeuvrant dans les attaques directes d'établissements financiers, et de leurs convois de fonds.

Usage des armes : 65% de ces décès résultent de l'usage d'une arme à feu. Seuls 10% de ces décès par arme à feu survenaient de l'an 2000 à nos jours avec un dernier pic en 2001 (7 cas). A noter que l'année suivante, la dotation de gilets pare-balle individuels pour les personnels actifs de la police nationale devenait effective.

Contexte : 60% de ces décès survenaient dans le cadre de la maitrise d'un ou plusieurs individus (contrôles, arrestations, forcenés), 23% dans le cadre d'une interception de véhicule en mouvement (poursuites, collisions volontaires, barrages pédestres). 14,5% relevaient d'un caractère terroriste.

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